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SASU ou auto-entrepreneur : quel statut choisir ?

Ecrit le mercredi 18 septembre 2019 par Estelle Petit
Avec Shine, dites adieu aux lourdeurs bancaires et aux tracas administratifs et comptables.

Le choix du statut de votre entreprise est le premier casse-tête auquel vous êtes confronté.e en tant que nouvel entrepreneur. Vous souhaitez vous lancer seul·e mais ne savez pas s’il faut opter pour une entreprise individuelle ou une société ? Un statut d’auto-entrepreneur (micro-entreprise) ou une SASU ?

SASU et auto-entrepreneur sont deux statuts bien distincts qui s’adressent à des projets entrepreneuriaux très différents. Faisons le point sur les similitudes et les différences entre ces deux statuts. 👇

SASU ou auto-entrepreneur : deux statuts d’entreprise bien différents

1. Auto-entrepreneur : un statut simplifié pour une activité limitée


Le statut d’auto-entrepreneur et ses paramètres simplifiés représentent une vraie aide pour se lancer dans l’entrepreneuriat. La création du statut se fait en quelques minutes, la gestion d’entreprise est très simple et les taux de cotisations et d’imposition sont faciles à comprendre et souvent avantageux. Cependant cette simplicité a ses limites : 

⛔️Les activités non autorisées 

Le choix de l’auto-entreprise ne se présente pas à tout le monde. En effet de nombreuses activités ne sont pas autorisées

  • Les activités agricoles (relevant des bénéfices agricoles BA)

  • Les activités relevant de la TVA immobilière : opérations des marchands de biens, les lotisseurs, agents immobiliers, les opérations sur les parts de sociétés immobilières

  • Les professions du droit : avocats, juristes...

  • Les autres professions relevant d'ordres professionnels : experts-comptables, agents généraux d'assurances, vétérinaires, docteurs, infirmières...

  • Les activités artistiques rémunérées par des droits d'auteur.

💰Le seuil de chiffre d’affaires

Si vous êtes auto-entrepreneur votre chiffre d’affaires annuel est plafonné

  • à 70 000 € pour les prestations de services artisanales et commerciales et activités libérales

  • à 170 000 € pour les activités commerciales (achat-vente de marchandises)

Si vous dépassez ces plafonds, votre auto-entreprise deviendra automatiquement une entreprise individuelle classique. Mais cela peut aussi être le moment de changer de statut pour la création d’une société, une SASU par exemple.

🙅‍♂️L’embauche

Le statut d’auto-entrepreneur n’est pas fait pour l’embauche de salariés. Son fonctionnement et les plafonds de chiffre d’affaires sont plutôt paramétrés pour un auto-entrepreneur seul.

Pour les activités autorisées, le statut d’auto-entrepreneur est idéal pour débuter dans l’entrepreneuriat ou pour une activité annexe à un statut de salarié ou d’étudiant. Grâce à sa simplicité, vous rentrerez dans le monde de la gestion d’entreprise en douceur sans débourser beaucoup d’argent et sans besoin d‘engagement dans le temps.

Chez Shine nous nous chargeons des démarches de création de votre auto-entreprise pour vous ! Vous remplissez quelques informations, et n’avez plus qu’à attendre de recevoir votre SIRET !

2. SASU : un véritable statut de société pour entreprendre en solo


Contrairement au statut auto-entrepreneur, la SASU présente une part de liberté importante (comparée aux autres sociétés) et aucune véritable limite.

La SASU est un société, donc une personne morale indépendante de votre personne physique. C’est la version unipersonnelle de la SAS, cela signifie que c’est une SAS avec un associé unique. Le dirigeant de la SASU est le président, cela peut être l’associé unique, ou une autre personne. 

La SASU vous permet une grande liberté car le contenu des statuts est de votre seul ressort. Libre à vous d’y indiquer les informations que vous souhaitez. 

La SASU n’a aucune limite de chiffre d’affaires, peut avoir des employés et permet la rémunération par dividendes. 

Ainsi le statut de SASU s’adresse aux créateurs d’entreprise aux projets plus aboutis, qui voient leur activité se développer rapidement et envisagent de faire entrer d’autres associés et des employés dans l’entreprise.

Chez Shine nous vous accompagnons de A à Z dans la création de votre SASU. Notre partenaire expert-comptable vous conseille dans le choix de votre forme d’entreprise et vous aide à rédiger vos statuts. Cerise sur le gâteau, nous faisons du dépôt de capital un jeu d’enfant ! Pour en savoir plus découvrez notre guide de création de SASU.


3. SASU et auto-entrepreneur : Les similitudes


Vous l’aurez compris, SASU et auto-entreprise sont des statuts aux dimensions différentes. Cependant, ils présentent des similitudes qui peuvent créer une confusion. 

  • Les deux statuts permettent d’entreprendre seul.e. 

Néanmoins, l’auto-entreprise est une entreprise individuelle alors que la SASU est une société unipersonnelle. Les termes sont proches mais, dans les faits, bien différents : 

Les sociétés sont des personnes morales alors que les entreprises individuelles n’en sont pas. Juridiquement, l’entreprise individuelle et votre personne physique sont une seule et même personne ! Une société unipersonnelle permet donc d’entreprendre seul.e tout en séparant totalement le patrimoine et l’activité de son entreprise de sa personne et de son patrimoine.

  • Vous pouvez créer une auto-entreprise ou une SASU sans capital social (1€ symbolique pour la SASU). 

Cependant, même si vous ne déposez qu’un euro, le dépôt de capital est une obligation lorsque vous créez une SASU car en temps que personne morale indépendante, votre SASU doit disposer d’un capital social. 

Aucune obligation au contraire pour une auto-entreprise. Vous pouvez même vous passer d’un compte bancaire dédié en dessous de 10 000 € de chiffre d’affaires, c’est malgré tout très utile même avec des petits revenus.

SASU ou auto-entrepreneur : les grandes différences de fonctionnement 


1. La création et les démarches administratives


Les démarches de création d’une micro-entreprise sont assez simples. Vous remplissez et envoyez une déclaration d’activité, obtenez votre SIRET et pouvez démarrer votre activité. 

Pour la création d’une SASU la route est bien plus longue. Le dossier à monter pour obtenir l’immatriculation de votre entreprise est épais et complexe : vous allez devoir rédiger les statuts de votre société, déposer votre capital, publier un annonce dans un journal légal etc…

Là où vous pouvez vous débrouiller seul·e pour une auto-entreprise, la SASU nécessite, dans la majorité des cas, d’être accompagné.e par un expert-comptable pour une création d’entreprise dans les règles de l’art.

💸

Combien coûte la création d’une micro-entreprise ? D’une SASU ?

Ici aussi il existe une grande différence entre auto-entrepreneur et SASU. L'immatriculation d'une auto-entreprise aux différents répertoires et registres est gratuite

Cas particulier : si vous êtes agent commercial l'immatriculation au RSAC (Registre des Agents Commerciaux) est payante (25,42 €)

Pour la SASU, comme pour toutes les sociétés, deux démarches sont payantes : la publication au journal d’annonces légales et l’immatriculation au RCS (Registre du commerce et des sociétés) ou au RM (répertoire des métiers). Le coût total s’élève à environ 280 € (460 € pour une entreprise artisanale). Ajoutez à cela les coûts variables d’ouverture de compte en banque et le coût du dépôt de capital, vos frais de création de SASU atteignent en moyenne 500 € (680 pour une entreprise artisanale).

Au cours de la vie de l’entreprise, la SASU coûtera également plus cher que l’auto-entreprise. En effet, un auto-entrepreneur n’a pas de dépenses juridiquement obligatoires tandis qu’une SASU doit faire appel à un expert-comptable pour gérer a minima les fiches de paies de son président et ses éventuels employés.

2. Les cotisations et la protection sociale


Le fonctionnement des cotisations et de la protection sociale est très différent pour un auto-entrepreneur et un président de SASU : 

L’auto-entrepreneur est affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), paye ses cotisations tous les mois ou trimestres. Leur montant dépend de son chiffre d’affaires (CA) encaissé et suit les taux forfaitaires suivants : 

Vente de marchandises : 12,8% du CA

Prestation de service artisanale/commerciale : 22% du CA

Activité libérale : 22% du CA

(l’ACRE permet une exonération partielle de cotisations pour les 3 premières années d’activité)

La protection sociale de l’auto-entrepreneur est plus limitée que celle des salariés et il ne cotise pas pour le chômage. 

Le président de SASU, lui, est affilié au régime général, et profite de la même protection sociale que les salariés (excepté le chômage). 

Le président est un mandataire social qui touche un salaire de la part de la SASU. Les cotisations sociales sont donc prélevées sur sa rémunération (à hauteur de 65% du net environ). 

S’il n’y a pas de rémunération alors le président ne dispose d’aucune prestation sociale et ne paye pas de cotisations.

Ainsi pour vous rémunérer un montant de 1500 €, la SASU devra débourser 1500 + 975 = 2 475 €

Il est difficile de déterminer si vous payeriez plus de cotisations sociales en SASU qu’en tant qu’auto-entrepreneur car on ne peut pas réellement comparer un pourcentage de chiffre d’affaires en auto-entreprise avec une pourcentage de salaire en SASU.

La seule chose que vous pouvez tirer de cette comparaison est que la protection sociale du président de SASU est plus complète, mais que dans les deux cas aucune assurance chômage n’existe à l’heure actuelle.

3. La fiscalité et les impôts 

C’est au niveau de la fiscalité que réside la grande différence entre auto-entreprise ou SASU. Plus précisément dans la possibilité, ou non, de déduire ses charges.

En effet, en auto-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos charges de votre chiffre d’affaires et ainsi diminuer l’assiette de calcul de vos impôts et donc le montant final à payer.

Pour pallier à ce problème, le bénéfice imposable de l'auto-entreprise est calculé en appliquant un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires réalisé. Celui-ci est égal à :

71 % du CA pour les activités d'achat-revente ou de fourniture de logement ;

50 % du CA  pour les autres activités commerciales et artisanales relevant des BIC ;

34 % du CA pour les activités libérales relevant des BNC.

L’auto-entrepreneur a également la possibilité (plutôt pour les petits chiffres d’affaires) d’opter pour le versement libératoire. Vous payez alors vos impôts tous les mois avec vos cotisations sociales, selon un taux défini et sous conditions.

Ainsi si vos charges dépassent la somme déduite de votre CA par l’abattement forfaitaire, le régime micro-fiscal n’est peut-être pas le plus intéressant pour vous, et passer en SASU pourrait vous permettre de payer moins d’impôts. 

En effet comme toutes les sociétés la SASU est imposée sur ses bénéfices et est par défaut soumise à l’impôt sur les sociétés. Le président, quant à lui, paye des impôts sur son revenu de mandataire social. 

👉

Particularité de la SASU, il est possible dans les 5 premières années d’exercice d’opter pour l’imposition sur le revenu. Les bénéfices de la SASU viennent alors s’ajouter au montant imposable du président de la SASU.

4. La comptabilité

Comme toutes les sociétés, la SASU nécessite de tenir une comptabilité d’entreprise rigoureuse : vous devrez répondre à un certain nombre d’obligations comptables (enregistrement de tous les mouvements affectant le patrimoine de l’entreprise, inventaire annuel ou plus, bilan et compte de résultat annuels). Rien d’obligatoire mais il est fortement conseillé de faire appel à un expert-comptable pour vous accompagner sur ce sujet.

La comptabilité de l’auto-entreprise est bien moindre : la seule obligation est celle de tenir un livre des recettes, qui liste chronologiquement vos rentrées d’argent et de conserver vos justificatifs numérisés (factures, tickets de caisse) 10 ans en cas de contrôle fiscal… et c’est tout !

Attention si vous exercez en auto-entreprise une activité de vente de marchandise, vous devrez également tenir un registre des achats (et un registre de police si vous faites de l’achat-revente en l’état)

A noter : Shine vous permet d’extraire vos relevés de compte en un clic depuis votre appli, ou même de les recevoir automatiquement par mail à fréquence donnée. Pas de prise de tête, vous avez donc directement votre livre des recettes en ordre chronologique !

5. La responsabilité


Par définition, la responsabilité du président d’une SASU est limitée par le fait qu’une SASU est une personne morale qui possède son propre patrimoine. Le patrimoine personnel du président et de l’associé unique n’ont donc rien à voir avec celui de l’entreprise et ne peut être attaqué en cas de créances ou de dettes.

En principe, l’auto-entrepreneur ne dispose pas de cette protection et son patrimoine personnel est confondu avec celui de sa micro-entreprise. Cependant, il est possible de contourner ce problème en optant pour l’option EIRL qui permet de déclarer un patrimoine attribué à votre auto-entreprise, séparé de votre patrimoine personnel.


🗒 Résumé des avantages et des inconvénients des deux statuts :

Passer d’auto-entrepreneur à SASU : comment faire ?


Vous connaissez désormais les limites du statut d’auto-entrepreneur. Le dépassement du seuil de chiffre d’affaires ou simplement l’évolution rapide de votre activité peut vous amener à envisager de passer à une société, et si vous souhaitez continuer à exercer en solo, la SASU peut être le statut idéal pour marquer une étape dans votre aventure entrepreneuriale.

Mais comment passer du statut auto-entrepreneur à celui de SASU ? 

Aucun transfert direct du statut d’auto-entrepreneur vers la SASU n’est possible, car vous passez d’une entreprise individuelle à une société. Il vous faudra donc :

  • Créer une SASU à partir de zéro

  • Transférer votre activité (fond de commerce) vers votre SASU

  • Fermer votre micro-entreprise

Création de SASU : 

Rédaction de statuts, dépôt de capital, publication d’avis de constitution au journal d'annonces légales… Vous allez devoir vous atteler à tous les passages obligés de la création d’une société.

Retrouvez ici tout le détail de la création d’une SASU

Transfert de fond de commerce :


Le fond de commerce d’une entreprise est l’ensemble des éléments matériels (ex : marchandise, matériel) et immatériels  (ex : clientèle, marque) qui font sa valeur. Lorsque vous choisissez de passer en SASU vous allez devoir transférer ces éléments vers la propriété de la nouvelle personne morale créée qu’est votre SASU.

Il y a deux façon de transférer votre fond de commerce d’une auto-entreprise vers une SASU : 

- Par apport de fond de commerce : lors de la constitution de votre SASU vous allez devoir déterminer le capital social de votre entreprise (minimum 1€). Si vous voulez que ce fond de commerce en fasse partie vous allez devoir, à ce moment-là, rédiger un acte d’apport de fond de commerce. 

- Par cession de fond de commerce : Dans ce cas, vous cédez le fond de commerce à la société après sa constitution.

A noter : les biens immobiliers, les créances et les dettes ne font normalement pas partie du fond de commerce transmissible.

Cessation d’activité d’auto-entrepreneur : 

C’est une démarche très simple et rapide qui peut s’effectuer en ligne sur autoentrepreneur.urssaf ou en remplissant le formulaire P2-P4 à envoyer à votre CFE.

Vous devrez vous acquitter des cotisations et de la CFE dues au moment de la cessation de votre activité en micro-entreprise : 

Par exemple, si vous cessez votre activité au 10 Juin, vous devrez régler vos cotisations avant le 30 Juin si vous payez vos cotisations mensuellement, ou avant le 31 Juillet si vous les payez trimestriellement. Pour la CFE vous en serez redevable au prorata sur l’année entamée.


Résultat des courses :

Sur la ligne d’arrivée nous ne pouvons pas donner la victoire à la SASU ou à l’auto-entrepreneur car ces deux statuts ne concourent pas dans la même catégorie : 

  • La micro-entreprise sera idéale pour les débutants dans l’entrepreneuriat qui veulent un fonctionnement simplifié et un quotidien délesté des plus gros tracas de la gestion d'entreprise. 

  • La SASU correspondra plus aux projets d’une certaine envergure, avec une vision à plus long-terme. Sa forme relativement libre vous permettra de forger votre business comme vous le souhaitez, suivant les besoin et spécificités de votre activité.

D’ailleurs, le passage de l’auto-entreprise à la SASU est une transition fréquente et logique dans la vie d’une entreprise, c’est peut-être la solution que vous adopterez !

Si vous avez encore des doutes quant au choix de votre statut, vous pouvez profiter d’un appel gratuit de notre partenaire expert comptable. ☎️

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