SASU ou auto-entrepreneur : quel statut choisir ?

SASU ou auto-entrepreneur : quel statut choisir ?

Écrit le Thursday, January 2, 2020 par Estelle Petit

Avec Shine, dites adieu aux lourdeurs bancaires et aux tracas administratifs et comptablesEn savoir plus


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Le choix du statut de votre entreprise est le premier casse-tête auquel vous êtes confronté.e en tant que nouvel·le entrepreneur·e. Vous souhaitez vous lancer seul·e mais ne savez pas s’il faut opter pour une entreprise individuelle ou une société ? Un statut d’auto-entrepreneur (micro-entreprise) ou une SASU ?

SASU et auto-entrepreneur sont deux statuts bien distincts qui s’adressent à des projets entrepreneuriaux très différents. Faisons le point sur les similitudes et les différences entre ces deux formes juridiques. 👇

SOMMAIRE :

SASU ou auto-entrepreneur : quelles différences entre ces deux statuts ?

1. Auto-entrepreneur : un statut simplifié pour une activité limitée

Le statut d’auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) et ses paramètres simplifiés représentent une vraie aide pour se lancer dans l’entrepreneuriat. La création du statut se fait en quelques minutes, la gestion d’entreprise est très simple et les taux de cotisations et d’imposition sont faciles à comprendre et souvent avantageux. Cependant cette simplicité a ses limites.

Pour les activités autorisées, le statut d’auto-entrepreneur est idéal pour débuter dans l’entrepreneuriat ou pour une activité annexe à un statut de salarié ou d’étudiant. Grâce à sa simplicité, vous rentrerez dans le monde de la gestion d’entreprise en douceur sans débourser beaucoup d’argent et sans besoin d‘engagement dans le temps.

⛔️ Les activités non autorisées 

Le choix de l’auto-entreprise ne se présente pas à tout le monde. En effet de nombreuses activités ne sont pas autorisées : 

  • Les activités agricoles (relevant des bénéfices agricoles BA)

  • Les activités relevant de la TVA immobilière : opérations des marchands de biens, les lotisseurs, agents immobiliers, les opérations sur les parts de sociétés immobilières

  • Les professions du droit : avocats, juristes...

  • Les autres professions relevant d'ordres professionnels : experts-comptables, agents généraux d'assurances, vétérinaires, docteurs, infirmières...

  • Les activités artistiques rémunérées par des droits d'auteur.

💰 Le seuil de chiffre d’affaires

Si vous êtes auto-entrepreneur votre chiffre d’affaires annuel est plafonné : 

  • à 72 500 € pour les prestations de services artisanales et commerciales et activités libérales

  • à 176 200 € pour les activités commerciales (achat-vente de marchandises)

Si vous dépassez ces plafonds, votre auto-entreprise deviendra automatiquement une entreprise individuelle classique. Mais cela peut aussi être le moment de changer de statut pour la création d’une société, une SASU par exemple.

🙅‍♂️ L’embauche

Le statut d’auto-entrepreneur n’est pas fait pour l’embauche de salariés. Son fonctionnement et les plafonds de chiffre d’affaires sont plutôt paramétrés pour un auto-entrepreneur seul.

🚀 Les formalités de création 

Les démarches administratives requises pour créer une micro-entreprise peuvent être réalisées sur internet, en présentiel ou par voie postale. 

 Le site internet autoentrepreneur.urssaf.fr vous permet d’immatriculer votre entreprise en ligne. Vous y remplirez le formulaire « PO Micro-entrepreneur » et fournirez les différentes pièces justificatives demandées. La plateforme transmettra ensuite votre dossier au CFE (centre de formalités des entreprises) compétent en fonction de votre activité (URSSAF, CCI ou CMA). 

 Après 1 à 2 semaines, vous recevrez  un premier courrier vous indiquant votre numéro de SIRET puis, après 4 à 6 semaines, un second validant votre rattachement à la Sécurité sociale des indépendants (SSI) et à la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Vous pourrez dès lors créer un espace personnel sur le site de l’URSSAF et déclarer votre chiffre d’affaires. Votre activité sera bel et bien lancée !

Chez Shine nous nous chargeons des démarches de création de votre auto-entreprise pour vous ! Vous remplissez quelques informations, et n’avez plus qu’à attendre de recevoir votre SIRET !

❓Où se renseigner sur le statut d’auto-entrepreneur ? 

 Pour plus d’informations à propos de l’auto-entreprise, nous vous conseillons la lecture de notre guide complet de la micro-entreprise. Le site officiel autoentrepreneur.urssaf.fr vous sera également d’une grande aide si vous souhaitez en savoir plus à propos de cette forme juridique. 

2. SASU : un véritable statut de société pour entreprendre en solo

Contrairement au statut auto-entrepreneur, la SASU présente une part de liberté importante (comparée aux autres sociétés) et aucune véritable limite.

La SASU est un société, donc une personne morale indépendante de votre personne physique. C’est la version unipersonnelle de la SAS, cela signifie que c’est une SAS avec un associé unique. Le dirigeant de la SASU est le président, cela peut être l’associé unique, ou une autre personne. 

La SASU vous permet une grande liberté car le contenu des statuts est de votre seul ressort. Libre à vous d’y indiquer les informations que vous souhaitez. 

La SASU n’a aucune limite de chiffre d’affaires, peut avoir des employés et permet la rémunération par dividendes. 

Ainsi le statut de SASU s’adresse aux créateurs d’entreprise aux projets plus aboutis, qui voient leur activité se développer rapidement et envisagent de faire entrer d’autres associés et des employés dans l’entreprise.

⛔️ Les activités non autorisées 

 La SASU ne permet pas d’exercer une profession juridique, judiciaire ou de santé. Mais la liste des métiers interdits en SASU ne s’arrête pas là. Différentes professions réglementées - telles qu’agent d’artiste, buraliste (débit de tabac) ou encore assureur - ne peuvent pas être pratiquées en SASU. 

Cependant, la SASU est une forme juridique qui convient à l’exercice d’un grand nombre d’activités (artisanales, agricoles, commerciales, industrielles, libérales). Si vous êtes agriculteur, chauffeur VTC, coiffeur, consultant, graphiste ou encore peintre en bâtiment, vous pourrez donc créer une SASU.

💰 Chiffre d’affaires maximum 

Il n’y a pas de plafond de chiffre d’affaires en SASU. Ici, « Sky’s the limit », à vous croissance stratosphérique !

👭 L’embauche

 La SASU est adaptée à l’embauche de salariés puisque les charges supportées par la société sont déductibles de son chiffre d’affaires. 

🚀 Les formalités de création 

 Pour créer une SASU vous devrez tout d’abord procéder à la rédaction d’un projet de statuts. Vous pourrez trouver des exemples de statuts de SASU sur internet, néanmoins, l’accompagnement d’un avocat, d’un notaire ou d’un expert-comptable vous sera précieux. 

 Une fois les statuts de votre SASU rédigés, il vous faudra déposer le capital de votre future société auprès d’une banque, d’une néo-banque (comme Shine 👋)), de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ou d’un notaire. Dans la foulée, n’oubliez pas d’ouvrir un compte bancaire professionnel au nom de votre SASU. 

Sur ces entrefaites, vous devrez signer vos statuts, publier un avis de constitution annonçant la création de votre SASU dans un journal d’annonces légales (JAL) et effectuer la déclaration des bénéficiaires effectifs de votre société. Ces démarches effectuées, vous pourrez déposer un dossier complet (attestation de parution au JAL, certificat de dépôt de capital, Formulaire Cerfa M0 … etc.) au greffe du tribunal de commerce compétent ou auprès du CFE compétent.  

Une fois votre SASU immatriculée, votre extrait K-bis et votre numéro de SIRET vous seront envoyés par voie postale. Vous serez officiellement chef·fe d’entreprise , félicitations ! 

Besoin d'aide pour créer votre SASU ? Nous vous accompagnons de A à Z dans la création de votre SASU 100% en ligne. De la rédaction des statuts à l'envoi du dossier au greffe en passant par le dépôt de capital, nous nous occupons de tout !

🤝 Passage de SASU à SAS 

 Une SASU est une SAS unipersonnelle. La transition de SASU vers SAS est donc assez simple et n’implique pas de modifier les statuts de votre société. Pour passer d’une SASU à une SAS, il vous suffit de faire entrer un nouvel associé (ou plusieurs) au capital, puis de faire modifier votre extrait K-bis par le greffe du tribunal de commerce compétent. La SASU offre donc l’avantage de pouvoir grandir facilement. On le répète, avec la SASU, c’est « vers l’infini, et au-delà ! »

Où se renseigner sur le statut de SASU ?

 Pour en savoir plus à propos de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU), nous vous conseillons la lecture de nos autres fiches pratiques (guide de la SASU, création de SASU, comptes pro pour SASU … etc.). Vous pouvez également consulter différents sites officiels (CCI, BPIfrance, service-public ou encore economie.gouv). 

Enfin pour un conseil personnalisé, pensez à Shine Start : nos experts-comptables partenaires répondront à vos questions et vous aideront à choisir la forme juridique qui correspond le mieux à vos besoins. 

3. SASU et auto-entrepreneur : Les similitudes

Vous l’aurez compris, SASU et auto-entreprise sont des statuts aux dimensions différentes. Cependant, ils présentent des similitudes qui peuvent créer une confusion. 

  • Les deux statuts permettent d’entreprendre seul.e. 

Néanmoins, l’auto-entreprise est une entreprise individuelle alors que la SASU est une société unipersonnelle. Les termes sont proches mais, dans les faits, bien différents : 

Les sociétés sont des personnes morales alors que les entreprises individuelles n’en sont pas. Juridiquement, l’entreprise individuelle et votre personne physique sont une seule et même personne ! Une société unipersonnelle permet donc d’entreprendre seul.e tout en séparant totalement le patrimoine et l’activité de son entreprise de sa personne et de son patrimoine.

  • Vous pouvez créer une auto-entreprise ou une SASU sans capital social (1€ symbolique pour la SASU). 

Cependant, même si vous ne déposez qu’un euro, le dépôt de capital est une obligation lorsque vous créez une SASU car en temps que personne morale indépendante, votre SASU doit disposer d’un capital social. 

Aucune obligation au contraire pour une auto-entreprise. Vous pouvez même vous passer d’un compte bancaire dédié si votre CA (chiffre d'affaires) est en dessous de 10 000 € pendant deux années consécutives, c’est malgré tout très utile même avec des petits revenus.

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SASU ou auto-entrepreneur : les grandes différences de fonctionnement 

1. La création et les démarches administratives

Les démarches de création d’une micro-entreprise sont assez simples. Vous remplissez et envoyez une déclaration d’activité, obtenez votre SIRET et pouvez démarrer votre activité. 

Pour la création d’une SASU la route est bien plus longue. Le dossier à monter pour obtenir l’immatriculation de votre entreprise est épais et complexe : vous allez devoir rédiger les statuts de votre société, déposer votre capital, publier un annonce dans un journal légal etc…

Là où vous pouvez vous débrouiller seul·e pour une auto-entreprise, la SASU nécessite, dans la majorité des cas, d’être accompagné.e par un expert-comptable pour une création d’entreprise dans les règles de l’art.

💸

Combien coûte la création d’une micro-entreprise ? D’une SASU ?

Ici aussi il existe une grande différence entre auto-entrepreneur et SASU. L'immatriculation d'une auto-entreprise aux différents répertoires et registres est gratuite

Cas particulier : si vous êtes agent commercial l'immatriculation au RSAC (Registre des Agents Commerciaux) est payante (25,42 €)

Pour la SASU, comme pour toutes les sociétés, deux démarches sont payantes : la publication au journal d’annonces légales et l’immatriculation au RCS (Registre du commerce et des sociétés) ou au RM (répertoire des métiers). Le coût total s’élève à environ 280 € (460 € pour une entreprise artisanale). Ajoutez à cela les coûts variables d’ouverture de compte en banque et le coût du dépôt de capital, vos frais de création de SASU atteignent en moyenne 500 € (680 pour une entreprise artisanale).

Au cours de la vie de l’entreprise, la SASU coûtera également plus cher que l’auto-entreprise. En effet, un auto-entrepreneur n’a pas de dépenses juridiquement obligatoires tandis qu’une SASU doit faire appel à un expert-comptable pour gérer a minima les fiches de paies de son président et ses éventuels employés.

2.  La protection sociale et les cotisations en SASU ou auto-entrepreneur

Le fonctionnement des cotisations et de la protection sociale est très différent pour un auto-entrepreneur et un président de SASU.

👉 Quelles sont les charges sociales à payer pour un auto-entrepreneur ? 

 En micro-entreprise, l’entrepreneur a un statut de travailleur indépendant. L’auto-entrepreneur est affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI), paye ses cotisations tous les mois ou trimestres. Leur montant dépend de son chiffre d’affaires (CA) encaissé et suit les taux forfaitaires suivants : 

  • Vente de marchandises : 12,8% du CA

  • Prestation de service artisanale/commerciale : 22% du CA

  • Activité libérale : 22% du CA

(l’ACRE permet une exonération partielle de cotisations pour la 1ère année d’activité)

La protection sociale de l’auto-entrepreneur est plus limitée que celle des salariés et il ne cotise pas pour le chômage. 

👉 Quelles sont les charges sociales à payer pour une SASU ?

Le président de SASU, lui, est affilié au régime général de la sécurité sociale, et profite de la même protection que les salariés (excepté le chômage). 

Le président est un mandataire social qui touche un salaire de la part de la SASU. Les cotisations sociales sont donc prélevées sur sa rémunération (à hauteur de 65% du net environ). 

S’il n’y a pas de rémunération alors le président ne dispose d’aucune prestation sociale et ne paye pas de cotisations.

Ainsi pour vous rémunérer un montant de 1500 €, la SASU devra débourser 1500 + 975 = 2 475 €. Les charges payées par la société (SASU) sont donc relativement élevées.  

Il est difficile de déterminer si vous payeriez plus de cotisations sociales en SASU qu’en tant qu’auto-entrepreneur car on ne peut pas réellement comparer un pourcentage de chiffre d’affaires en auto-entreprise avec un pourcentage de salaire en SASU.

La seule chose que vous pouvez tirer de cette comparaison est que la protection sociale du président de SASU est plus complète, mais que dans les deux cas aucune assurance chômage n’existe à l’heure actuelle. En auto-entrepreneur ou en SASU, vous n’aurez donc pas droit au chômage. 

3. La fiscalité et les impôts 

C’est au niveau de la fiscalité que réside la grande différence entre auto-entreprise ou SASU. Plus précisément dans la possibilité, ou non, de déduire ses charges.

En effet, en auto-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos charges de votre chiffre d’affaires et ainsi diminuer l’assiette de calcul de vos impôts et donc le montant final à payer.

Pour pallier ce problème, le bénéfice imposable de l'auto-entreprise est calculé en appliquant un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires réalisé. Celui-ci est égal à :

  • 71 % du CA pour les activités d'achat-revente ou de fourniture de logement ;

  • 50 % du CA  pour les autres activités commerciales et artisanales relevant des BIC ;

  • 34 % du CA pour les activités libérales relevant des BNC.

L’auto-entrepreneur a également la possibilité (plutôt pour les petits chiffres d’affaires) d’opter pour le versement libératoire. Vous payez alors vos impôts tous les mois avec vos cotisations sociales, selon un taux défini et sous conditions.

Ainsi si vos charges dépassent la somme déduite de votre CA par l’abattement forfaitaire, le régime micro-fiscal n’est peut-être pas le plus intéressant pour vous, et passer en SASU pourrait vous permettre de payer moins d’impôts. 

En effet comme toutes les sociétés la SASU est imposée sur ses bénéfices et est par défaut soumise à l’impôt sur les sociétés. Le président, quant à lui, paye des impôts sur son revenu de mandataire social. 

👉

Particularité de la SASU, il est possible dans les 5 premières années d’exercice d’opter pour l’imposition sur le revenu. Les bénéfices de la SASU viennent alors s’ajouter au montant imposable du président de la SASU.

4. La comptabilité

Comme toutes les sociétés, la SASU nécessite de tenir une comptabilité d’entreprise rigoureuse : vous devrez répondre à un certain nombre d’obligations comptables (enregistrement de tous les mouvements affectant le patrimoine de l’entreprise, inventaire annuel ou plus, bilan et compte de résultat annuels). Rien d’obligatoire mais il est fortement conseillé de faire appel à un expert-comptable pour vous accompagner sur ce sujet.

La comptabilité de l’auto-entreprise est bien moindre : la seule obligation est celle de tenir un livre des recettes, qui liste chronologiquement vos rentrées d’argent et de conserver vos justificatifs numérisés (factures, tickets de caisse) 10 ans en cas de contrôle fiscal… et c’est tout !

Attention si vous exercez en auto-entreprise une activité de vente de marchandise, vous devrez également tenir un registre des achats (et un registre de police si vous faites de l’achat-revente en l’état)

A noter : Shine vous permet d’extraire vos relevés de compte en un clic depuis votre appli, ou même de les recevoir automatiquement par mail à fréquence donnée. Pas de prise de tête, vous avez donc directement votre livre des recettes en ordre chronologique !

5. La responsabilité

Par définition, la responsabilité du président d’une SASU est limitée par le fait qu’une SASU est une personne morale qui possède son propre patrimoine. Le patrimoine personnel du président et de l’associé unique n’ont donc rien à voir avec celui de l’entreprise et ne peut être attaqué en cas de créances ou de dettes.

En principe, l’auto-entrepreneur ne dispose pas de cette protection et son patrimoine personnel est confondu avec celui de sa micro-entreprise. Cependant, il est possible de contourner ce problème en optant pour l’option EIRL qui permet de déclarer un patrimoine attribué à votre auto-entreprise, séparé de votre patrimoine personnel.

🗒 Résumé des avantages et des inconvénients des deux statuts :

SASU ou auto-entrepreneur

Passer d’auto-entrepreneur à SASU : comment faire ?

Vous connaissez désormais les limites du statut d’auto-entrepreneur. Le dépassement du seuil de chiffre d’affaires ou simplement l’évolution rapide de votre activité peut vous amener à envisager de passer à une société, et si vous souhaitez continuer à exercer en solo, la SASU peut être le statut idéal pour marquer une étape dans votre aventure entrepreneuriale.

Mais comment passer du statut auto-entrepreneur à celui de SASU ? 

Aucun transfert direct du statut d’auto-entrepreneur vers la SASU n’est possible, car vous passez d’une entreprise individuelle à une société. Il vous faudra donc :

  • Créer une SASU à partir de zéro

  • Transférer votre activité (fond de commerce) vers votre SASU

  • Fermer votre micro-entreprise

Création de SASU : 

Rédaction de statuts, dépôt de capital, publication d’avis de constitution au journal d'annonces légales… Vous allez devoir vous atteler à tous les passages obligés de la création d’une société.

Retrouvez ici tout le détail de la création d’une SASU

création de sasu

Transfert de fonds de commerce :

Le fonds de commerce d’une entreprise est l’ensemble des éléments matériels (ex : marchandise, matériel) et immatériels  (ex : clientèle, marque) qui font sa valeur. Lorsque vous choisissez de passer en SASU vous allez devoir transférer ces éléments vers la propriété de la nouvelle personne morale créée qu’est votre SASU.

Il y a deux façons de transférer votre fonds de commerce d’une auto-entreprise vers une SASU : 

- Par apport de fond de commerce : lors de la constitution de votre SASU vous allez devoir déterminer le capital social de votre entreprise (minimum 1€). Si vous voulez que ce fonds de commerce en fasse partie vous allez devoir, à ce moment-là, rédiger un acte d’apport de fonds de commerce. 

- Par cession de fonds de commerce : Dans ce cas, vous cédez le fonds de commerce à la société après sa constitution.

A noter : les biens immobiliers, les créances et les dettes ne font normalement pas partie du fonds de commerce transmissible.

Cessation d’activité d’auto-entrepreneur : 

C’est une démarche très simple et rapide qui peut s’effectuer en ligne sur autoentrepreneur.urssaf ou en remplissant le formulaire P2-P4 à envoyer à votre CFE.

Vous devrez vous acquitter des cotisations et de la CFE dues au moment de la cessation de votre activité en micro-entreprise : 

Par exemple, si vous cessez votre activité le 10 juin, vous devrez régler vos cotisations avant le 30 juin si vous payez vos cotisations mensuellement, ou avant le 31 juillet si vous les payez trimestriellement. Pour la CFE vous en serez redevable au prorata sur l’année entamée.

Quel est le coût du passage d’une micro-entreprise à une SASU ? 

Pour changer de statut, d’auto-entrepreneur vers SASU, vous devrez prévoir un petit budget. La cessation de votre activité de micro-entrepreneur ne vous coûtera rien. En revanche, vous devrez payer environ 500 euros (680 euros pour un artisan) pour créer votre SASU. 

À cette somme pourront s’ajouter des frais annexes tels que l’accompagnement par un avocat, un expert-comptable ou un notaire, l’achat d’un logiciel de comptabilité, l’acquisition d’un nouveau local ou l’édition de nouvelles cartes de visite. 

Comment changer de statut de SASU vers auto-entrepreneur ?

Que vous soyez chauffeur VTC, coiffeur, consultant, coursier ou encore graphiste, différentes raisons peuvent vous pousser à passer du statut de SASU à celui d’auto-entrepreneur. Sachez cependant qu’il n’est pas possible de transformer une SASU en micro-entreprise. Pour changer de statut, de SASU vers auto-entrepreneur, vous devrez donc : 

  • Fermer votre SASU, et donc procéder à sa dissolution, sa liquidation et sa radiation. 

  • Créer une nouvelle auto-entreprise à partir de zéro. 

Dissolution de la SASU 

Pour fermer votre société, vous devrez, dans un premier temps, procéder à sa dissolution. On parle ici de dissolution anticipée puisqu’elle découle de la volonté de l’associé unique (vous) et non d’une décision judiciaire. Pour cela, il vous faudra rédiger un procès-verbal de dissolution, nommer un liquidateur (vous-même ou un tiers), publier un avis de dissolution dans un journal d’annonces légales (JAL) puis déposer une demande de dissolution (dossier comprenant notamment le Formulaire Cerfa M2) auprès du CFE compétent. Mais les choses ne s’arrêtent pas là … 

Liquidation de la SASU 

Une fois votre SASU dissoute, celle-ci devra être liquidée par un liquidateur (désigné précédemment). La procédure de liquidation peut durer jusqu’à 3 ans. Pendant ce laps de temps, la SASU doit officiellement être désignée comme « société en liquidation ». À ce stade, il s’agit pour l’entreprise de régler ses dettes et de récupérer ses actifs (notamment en vendant son matériel). 

Le liquidateur dresse des comptes de clôture : si le solde est positif, vous pourrez récupérer votre apport voire toucher un boni de liquidation, c’est-à-dire l’argent restant en plus de votre mise initiale. Le liquidateur fait également valider ces comptes par l’associé puis effectue les déclarations fiscales nécessaires auprès du service des impôts des entreprises (SIE) compétent. À l’issue de ces formalités, un avis de clôture de liquidation est publié au JAL. Mais ce n’est pas tout … 

Radiation de la SASU 

Après la dissolution et la liquidation, vous arriverez à l’ultime étape de la radiation. Une demande de radiation (dossier comprenant notamment le Formulaire Cerfa M4 et le procès-verbal de clôture de liquidation) doit être déposée auprès du greffe du tribunal de commerce compétent dans le mois qui suit la publication de la clôture de liquidation. Une fois votre demande traitée, le greffe prononcera la radiation de votre SASU du RCS, officialisera la dissolution de votre société via une publication au BODACC, et vous fera parvenir votre extrait K-bis mis à jour. Vous pourrez dès lors toucher l’éventuel boni de liquidation et régler l’impôt consécutif. 

Création de l’auto-entreprise 

Comme nous vous l’expliquions plus haut, la création d’une micro-entreprise est relativement simple. En résumé, il vous suffira de compléter une déclaration de début d’activité. Cette procédure vous permettra de recevoir votre « Certificat d’inscription au Répertoire des Entreprises et des Établissements (SIRENE) » (indiquant votre numéro de SIRET) et votre notification d’affiliation à la SSI en quelques semaines seulement. 

Combien coûte le passage d’une SASU à une auto-entreprise ?

La création d’une micro-entreprise est gratuite (hors stage de préparation à l’installation optionnel). En revanche, la fermeture d’une SASU a un coût. Comptez entre 150 et 200 euros pour la publication de l’avis de dissolution au JAL et environ 200 euros pour le traitement de votre demande de radiation par le greffe compétent. Attention, n’oubliez pas d’ajouter à ces montants le prix d’un accompagnement par un professionnel du droit ou par votre CFE ( environ 70 euros) et surtout la somme correspondant aux impôts dont vous devrez vous acquitter. 

SASU ou micro-entreprise : résultat des courses

Sur la ligne d’arrivée nous ne pouvons pas donner la victoire à la SASU ou à l’auto-entrepreneur car ces deux statuts ne concourent pas dans la même catégorie : 

  • La micro-entreprise sera idéale pour les débutants dans l’entrepreneuriat qui veulent un fonctionnement simplifié et un quotidien délesté des plus gros tracas de la gestion d'entreprise. 

  • La SASU correspondra plus aux projets d’une certaine envergure, avec une vision à plus long terme. Sa forme relativement libre vous permettra de forger votre business comme vous le souhaitez, suivant les besoins et spécificités de votre activité.

D’ailleurs, le passage de l’auto-entreprise à la SASU est une transition fréquente et logique dans la vie d’une entreprise, c’est peut-être la solution que vous adopterez !

Si vous avez encore des doutes quant au choix de votre statut, vous pouvez profiter d’un appel gratuit de notre partenaire expert comptable. ☎️

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