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Ouvrir sa propre épicerie fine en 7 étapes

par Pierre Ecuvillon Publié le 22 septembre 2022Mis à jour le 3 novembre 202211 min. de lect

Vous souhaitez partager votre culture culinaire ? L’ouverture d’une épicerie fine peut vous permettre de vivre de votre passion. Pour cela, vous aurez besoin d'une bonne connaissance de la gastronomie ainsi que des compétences plurielles comme le sens de l’accueil et la connaissance des règlementations liées à la vente de produits culinaires. Dans cet article, nous allons citer les différentes étapes de l’ouverture d’une épicerie fine !

Sommaire

1. Acquérir les compétences nécessaires

2. Réaliser une étude de marché et un business plan

3. Choisir un concept porteur

4. Prévoir un financement

5. Sélectionner une structure juridique adaptée

6. Trouver le local idéal

7. Élaborer un plan de communication efficace

Ouvrir sa propre épicerie fine : ce qu'il faut retenir !

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1. Acquérir les compétences nécessaires

Une épicerie fine propose des produits artisanaux. Il peut s'agir de :

  • Fromages ;

  • Charcuterie ;

  • Tartinables ;

  • Alcools ;

  • Chocolats...

C'est la principale différence avec une épicerie classique dédiée à la vente de produits de consommation courante. Il va de soi que les prix pratiqués dans une épicerie fine sont plus élevés. Les clients qui fréquentent ce type d’établissement attendent des produits de qualité ainsi que conseils personnalisés.

Pour lancer votre épicerie fine, aucun diplôme n'est requis. En revanche, vous devez posséder les compétences ci-dessous.

Une très bonne connaissance de la gastronomie

Vous devez connaître les procédés de fabrication des produits de votre épicerie et savoir quels produits peuvent s'associer. L’objectif est de fidéliser votre clientèle en lui faisant découvrir des produits uniques (de votre pays d'origine, du terroir...). Cela suppose de s’adapter aux goûts de chacun mais aussi de surprendre avec des mets inattendus.

Un sens du commerce développé

Votre épicerie fine est un commerce de proximité. Vous devez donc être en capacité d’attirer des premiers clients, de mettre en place des techniques de fidélisation et d'optimiser votre relation client.

Vous devrez également être capable de négocier correctement les prix des produits auprès de vos fournisseurs.

De bonnes notions en comptabilité

S’il s’agit d’un domaine qui vous est totalement inconnu, nous vous conseillons de vous former avant de lancer votre activité. Vous pourrez ainsi déterminer vos prix de vente, gérer vos stocks et établir les documents comptables obligatoires beaucoup plus facilement.

Des capacités managériales

Même si elles ne sont pas obligatoires, il est préférable d'acquérir des capacités managériales. Si votre épicerie fine rencontre un franc succès, vous devrez recruter du personnel. Et pour qu'il vous aide au quotidien, il sera nécessaire de le former et de l’encadrer correctement.

Une maîtrise de la règlementation

Une épicerie fine nécessite la location ou l'achat d'un local commercial. Celui-ci doit répondre à certaines normes d’accessibilité et de sécurité.

Si vous souhaitez vendre de l’alcool, vous devrez :

  • Déclarer cette activité auprès de la municipalité compétente ;

  • Obtenir un permis d’exploitation ;

  • Disposer d'une licence autorisant la vente à emporter.

La « petite licence à emporter » concerne le vin, la bière ou le cidre et la « grande licence à emporter » concerne tous les alcools de plus de 18°.

Enfin, certains types d’aliments comme les produits frais ou en vrac sont soumis à des règles d’hygiène spécifiques que vous devrez maîtriser.

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2. Réaliser une étude de marché et un business plan

Il s’agit de deux documents indispensables pour tout porteur de projet. L’étude de marché vous permet de prendre connaissance de la conjoncture économique relative au secteur de l’épicerie fine. Le business plan s’établit dans un second temps et comporte des éléments prévisionnels essentiels à toute demande de financement.

L’étude de marché

Vous avez besoin de temps et d’un bon moteur de recherche pour réaliser une étude de marché digne de ce nom. Celle-ci va se concentrer sur trois éléments.

Économie du secteur des épiceries fines

Première chose à faire : identifier les tendances structurelles et conjoncturelles de consommation. Pour cela, voici de bonnes questions à se poser :

  • Quelle est la conjoncture économique globale en ce qui concerne la vente d’alimentation ?

  • Comment se porte le secteur des épiceries fines ?

  • Y a-t-il des concepts qui fonctionnent mieux que d’autres ?

  • Quelles sont les tendances et les modes en termes d’alimentation ? (Volonté de manger moins de viande, de retrouver du sens dans les produits que l’on achète, etc.)

  • Quelle est la fréquence d’achat dans les épiceries fines ?

  • Combien représente le panier moyen dans une épicerie fine ?

Il s’agit de thèmes généraux. Vous vous poserez certainement d’autres questions lorsque vous progresserez dans vos recherches.

Environnement économique local

Vous devez vous intéresser à la future zone d’implantation de votre épicerie fine.

L’objectif est de recueillir différentes données vous permettant d’évaluer le potentiel commercial de votre projet. Vous pouvez vous baser sur les statistiques de l’INSEE ou sur les analyses réalisées par les établissements consulaires de votre département (Chambre de Métiers et de l’Artisanat, Chambre de Commerce et de l’Industrie).

Cette étape vous permet de lister les caractéristiques de la population cible, notamment en termes de revenus, d’âges et de catégories socio-professionnelles. Sur le terrain, vous pourrez identifier les lieux de passage importants :

👉 Rues fréquentées ;
👉 Zones commerciales ;
👉 Voies de communication, etc.

Analyse de la concurrence directe et indirecte

Il s’agit de recenser les épiceries fines existant dans votre future zone d’implantation :

  • Combien y a-t-il d’épiceries fines ?

  • Sont-elles généralistes ou proposent-elles des produits particuliers ?

  • Quels sont les commerces proposant également des produits haut de gamme ou spécifiques ? (fromageries, traiteurs, cavistes, etc.)

Le business plan

Ce document essentiel va vous aider à estimer la rentabilité potentielle de votre épicerie fine relativement à la zone d’implantation choisie.

Il comporte deux volets :

  • Le premier liste les arguments en faveur de votre projet : vous rappelez les caractéristiques du marché local et argumentez sur l’opportunité que représente l’ouverture d’une épicerie fine ;

  • Le second s’attache à montrer la viabilité financière de l’épicerie fine. Vous pouvez mettre en avant toutes les actions que vous allez mettre en œuvre pour assurer la réussite de votre entreprise et traduire ces efforts en chiffres grâce à un prévisionnel financier.

3. Choisir un concept porteur

Ce choix fondamental est relatif à la fois à vos propres compétences et aux données recueillies pendant l’étude de marché. De nombreuses possibilités et concepts s’offrent à vous :

  • Un magasin généraliste proposant des produits en conserves, des produits frais, des boissons (avec et sans alcool) et des produits sucrés ;

  • Une épicerie fine vendant uniquement des produits biologiques ;

  • Une épicerie fine proposant uniquement des produits frais : fromages, charcuterie à la coupe, traiteur… ;

  • Un magasin dédié aux gourmandises : chocolats, confiseries, confitures, biscuits… ;

  • Une épicerie fine proposant du thé et du café en vrac ;

  • Etc.

Une fois que vous aurez choisi le type de produits que vous souhaitez commercialiser, vous devez réfléchir à un positionnement cohérent. Cette étape importante vous permet d’affirmer l’identité de votre épicerie fine. Préférez-vous une ambiance luxueuse ou chaleureuse ? Un décor épuré ou rustique ? Un accueil simple ou « trois étoiles » ?

⚠️

Votre épicerie fine doit refléter votre personnalité, mettre en valeur vos compétences et se distinguer de la concurrence.

4. Prévoir un financement

Pour ouvrir votre propre épicerie fine, vous allez avoir besoin d’argent. Vous devez acheter ou louer un local, vous équiper du matériel nécessaire (étagères, comptoir, caisse, présentoirs, poste informatique, terminaux de paiement…) et bien sûr réaliser des travaux.

Si vous n’avez pas suffisamment d’économies, vous devez obtenir un financement. Plusieurs méthodes sont accessibles :

  • Prêt bancaire : pensez à prendre votre business plan et à préparer tous les arguments en faveur de votre projet ;

  • Crowdfunding : vous pouvez demander un financement participatif auprès des particuliers grâce à des plateformes dédiées ;

  • Emprunt à taux zéro avec prêt d’honneur : ce mode de financement est particulièrement attractif mais les démarches peuvent être longues (entre 3 et 6 mois) ;

  • Aides à la création d’entreprise : elles ne prennent pas forcément en compte la totalité de vos besoins mais constituent un coup de pouce intéressant. Renseignez-vous auprès des collectivités locales et de Pôle Emploi pour connaître les dispositifs existants.

5. Sélectionner une structure juridique adaptée

La question de la structure juridique n’est pas forcément la plus enthousiasmante pour les porteurs de projet. Elle revêt pourtant une importance capitale. La forme choisie a une influence sur :

1️⃣ La fiscalité ;
2️⃣
La responsabilité personnelle de l’entrepreneur ;
3️⃣ La facturation de la TVA ;
4️⃣ Le chiffre d’affaires réalisable.

Si vous souhaitez vous lancer seul, voici quelques structures qui peuvent être adaptées à votre projet d’épicerie fine.

La micro-entreprise

Ce statut vous permet de créer votre entreprise en ligne sur le site de l’Urssaf. La création d'une micro-entreprise vous fera bénéficier d'une gestion comptable et fiscale simplifiée.

Vous ferez vos déclarations chaque mois ou chaque trimestre et le montant de vos cotisations dépendra de votre chiffre d’affaires. La seule obligation comptable concerne la tenue d’un livre des dépenses et des recettes.

Ce régime possède quelques inconvénients :

  • Le chiffre d’affaires est plafonné (176 200 € par an pour la vente de marchandises) ;

  • Vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats ;

  • En cas de dettes, vous engagez votre responsabilité personnelle : il n’y a aucune distinction entre le capital de l’entreprise et votre patrimoine.

L’Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL)

Comme son nom l’indique, cette entreprise vous protège mieux que la micro-entreprise si vous avez des créanciers.

La responsabilité limitée implique que vous êtes responsable uniquement à concurrence de vos apports.

Les formalités de création sont en revanche plus complexes. Vous devez rédiger des statuts et publier l’avis de constitution dans un journal d’annonces légales. En termes de fiscalité, l’EURL vous donne la possibilité de choisir entre l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés.

La Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU)

Les formalités de création de la SASU sont sensiblement les mêmes que celles de l’EURL.

La différence tient aux évolutions de l’entreprise et au statut du dirigeant. En tant que président de la SASU, vous serez assimilé au régime salarié. Cela implique des procédures comptables plus complexes, comme la création de fiches de paie. Pour cela, nous vous conseillons d'utiliser l'un des meilleurs logiciels de paie.

🤝

Lors de l'accueil d'un ou de plusieurs associés, la SASU se transforme automatiquement en Société par Actions Simplifiée (SAS).

6. Trouver le local idéal

Le choix du local a un impact prépondérant sur la réussite de votre épicerie fine. Bien sûr, plus l’emplacement que vous choisissez est attractif, plus le local est cher. Vous devez donc prendre en compte vos propres capacités de financement et l’amortissement potentiel du local.

Au-delà de l’emplacement, trois solutions s’offrent à vous en termes de sélection du local commercial.

Solution n°1 : louer un local commercial

Cette solution est la plus sécurisante pour une jeune entreprise.

En location, vous pouvez organiser votre activité progressivement sans subir la pression financière d’un emprunt immobilier. Sans compter que le loyer peut être déductible du bénéfice imposable de votre entreprise. Le seul inconvénient de cette solution est que vous êtes soumis aux règles du contrat de bail commercial.

Solution n°2 : acheter un local commercial

C’est la solution qui vous offre le plus de liberté ! Vous n’êtes pas soumis à la règlementation d’un bail commercial. L’achat d’un local représente toutefois un investissement beaucoup plus important. Attention à ne pas surestimer vos capacités !

Solution n°3 : acheter un fonds de commerce

Si vous reprenez le fonds de commerce d’une épicerie fine déjà existante, vous profitez d’une clientèle déjà présente ainsi que des différents équipements.

Cette solution est sécurisante en termes de chiffre d’affaires mais vous astreint à reprendre des éléments incorporels du fonds de commerce comme :

  • Le droit au bail ;

  • Le contrat d’assurance ;

  • Les contrats de travail ;

  • Et le nom commercial.

7. Élaborer un plan de communication efficace

Vous disposez à présent d’un local et vous êtes prêt à lancer votre épicerie fine. La dernière étape consiste à créer un plan de communication afin de conquérir rapidement de nouveaux clients.

Réseaux sociaux

Créez une page Facebook consacrée à l’actualité de votre épicerie fine : partagez les bons plans, les nouveautés et créez une publicité ciblée sur votre zone d’implantation.

Fiche Google Profile Business

La création de cette fiche est gratuite et vous permet d’apparaître dans les requêtes locales. Renseignez le plus d’éléments possibles : adresse, numéro de téléphone, nom commercial, horaires…

Flyer

Il permet de donner un petit coup de pouce à une activité qui démarre. Profitez-en pour mettre en valeur votre positionnement avec de belles photos et distribuez-le dans les commerces environnants.

Bouche-à-oreille

C’est la meilleure technique pour asseoir la réputation d’un commerce de proximité. Choyez les clients et demandez-leur de laisser des avis sur vos réseaux sociaux et votre fiche Google.

Ouvrir sa propre épicerie fine : ce qu'il faut retenir !

Pour résumer, voici les étapes à suivre pour ouvrir votre propre épicerie fine :

  1. Acquérir les compétences nécessaires ;

  2. Réaliser une étude de marché et un business plan ;

  3. Choisir un concept porteur ;

  4. Prévoir au financement ;

  5. Sélectionner une structure juridique adaptée ;

  6. Trouver le local idéal ;

  7. Élaborer un plan de communication efficace.

Nous espérons que ce guide vous a permis de mieux comprendre les démarches attenantes à la création d’une épicerie fine.

Nous vous souhaitons bonne chance dans cette belle aventure !

Vous avez besoin d'un logiciel de caisse pour équiper votre prochaine épicerie fine ? Voici les 6 des meilleurs logiciels de caisse actuels.

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Sommaire
1. Acquérir les compétences nécessaires
2. Réaliser une étude de marché et un business plan
3. Choisir un concept porteur
4. Prévoir un financement
5. Sélectionner une structure juridique adaptée
6. Trouver le local idéal
7. Élaborer un plan de communication efficace
Ouvrir sa propre épicerie fine : ce qu'il faut retenir !