Expert-comptable et BNC : comment collaborer efficacement ?
Publié le 2 juillet
Relu
par Nathan Colson
6 min. de lecture
Publié par Amandine Dujardin
Relu par Nathan Colson
6 min
Des avocat·es aux artistes, des consultant·es aux dentistes, les BNC constituent une clientèle particulièrement diverse. Autrefois délicats à gérer par les cabinets comptables, ces professions ont évolué avec la dématérialisation et exigent avant tout proximité, visibilité et tranquillité. Dans cet article, nous étudierons les spécificités des pros générant des bénéfices non commerciaux (BNC). Puis, nous vous expliquerons comment répondre efficacement à leurs besoins !

La diversité des professions en BNC
La définition de BNC est large : il s’agit des revenus réalisés par une personnes physique qui exerce une activité non commerciale, à titre individuel ou en tant qu’associé d’une société.
Les BNC « classiques » représentent plus de 1 800 000 personnes en France, répartis pour moitié en entrepreneur·es individuel·les (51 %) et en gérants majoritaires de sociétés (49 %). Ils se concentrent principalement dans les secteurs de la santé (25 %) et des services aux entreprises (22 %). S’ajoutent à ce nombre les 1 640 000 micro-entrepreneur·es économiquement actifs.
Dresser la liste des professions en BNC revient à établir un inventaire à la Prévert :
les avocats ;
les médecins ;
les dentistes ;
les IDEL ;
les architectes ;
les experts-comptables ;
les consultants ;
les agents commerciaux ;
les traducteurs ;
les artistes auteurs ;
les coaches ;
les vidéastes ;
les graphistes ;
les développeurs informatiques ;
les créateurs de sites internet ;
les prêtres, etc.
Pour tous, le recours aux services d’un expert-comptable demeure facultatif. Mais l’on voit que le champ est ouvert ! Tout autant que l’éventail des revenus – et la capacité contributive.
Si les non‑salariés classiques perçoivent en moyenne un revenu d’activité de 4 030 € par mois, le revenu mensuel médian varie de 1 040 € pour un chauffeur de taxi à 7 200 € pour un médecin (15 000 € pour un ophtalmologue), une fois leurs charges déduites.
Pour aller plus loin 📌
L’évolution positive de la gestion comptable des BNC
Patricia Camilletti est chef de mission pour Les Réviseurs associés, à Monte-Carlo. Professionnelle depuis bientôt 40 ans, elle a connu les mauvaises habitudes des clients BNC. « Entre le restaurateur qui apportait ses pièces dans un sachet plastique, les chèques sans ordre d’un chirurgien, les règlements en espèces, les frais professionnels très… divers, ça n’était pas facile à gérer. Sans compter que certains ne disaient pas tout à leur expert-comptable ! Les BNC nous donnaient beaucoup de travail pour un petit montant d’honoraires. Résultat : dès que nous avons pu, nous avons tout fait pour les éviter. »
Les choses changent pourtant, et rapidement. « La situation s’est améliorée par la force des choses », résume Mme Camilletti.
« Aujourd’hui les professions médicales, par exemple, ont pris l’habitude d’utiliser des box. Ils sont sur Doctolib. Les règlements s’effectuent la plupart du temps par carte bancaire, et l’usage du cash est extrêmement limité. Tout est tracé et c’est bien moins compliqué qu’avant de tenir les comptes ».
Travailler avec des BNC n’est donc plus le cauchemar des collaborateurs des cabinets. D’autant qu’il est devenu possible d’industrialiser la tenue – pour mieux utiliser ses heures, en écoute et en conseil.

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Répondre efficacement aux attentes comptables spécifiques des BNC
Les BNC ont des besoins bien identifiés : proximité, visibilité, tranquillité sont en tête du palmarès.
L’importance de la proximité entre l’expert-comptable et ses clients BNC
100 % des entreprises ayant rompu la relation avec un cabinet low-cost (100 % en ligne) l’ont fait pour avoir davantage de contact humain et 38 % des entreprises qui ont songé à recourir à un tel cabinet ne l’ont pas fait… par besoin de cette écoute et de cet échange.
La proximité constitue bien une variable clé de la relation entre un BNC et son expert-comptable. « Ils veulent des comptables qui les connaissent ! », résume Jean-Philippe Massin-Le Goff, du cabinet Perspectives au Mans.
Vincent Béguin, qui consacre son cabinet Wired à Paris aux professions musicales, renchérit : « Pour travailler avec eux, il faut rester en veille sur le milieu, se tenir au courant des nouveautés, des ventes, des tendances. Faire preuve de psychologie aussi. » L’expert-comptable va jusqu’à assister régulièrement aux concerts de ses client·es.
Pour aller plus loin 📌
La visibilité financière : un enjeu clé pour les BNC
« Les BNC raisonnent généralement d’abord en termes de prélèvements obligatoires – impôts, cotisations, retraite », note Pascal Rodrigues de Sa. Leur question récurrente : combien va-t-il leur rester une fois les impôts payés ? Clairement, si beaucoup d’entre eux déclarent ne rien connaître à la gestion, ça n’est pas pour autant qu’ils ne s’intéressent pas à leur argent…
Ce besoin de visibilité dépasse largement le cadre de l’exercice en cours. « La plupart (…) comptent sur leur expert-comptable pour optimiser le présent, certes, mais surtout pour les aider à anticiper l’avenir », ajoute Vincent Béguin.
Assurer la tranquillité d’esprit des BNC par une gestion comptable sereine
L’accompagnement du professionnel en phase d’installation constitue l’occasion d’une première série de conseils, sur le choix du régime notamment, l’installation, le financement, les amortissements, les frais de personnel éventuels. Par la suite la tenue, les déclarations, l’optimisation et la déclaration de revenus rythment le calendrier relationnel.
« Les libéraux veulent d’abord se libérer des obligations administratives et fiscales », rappelle Jean-Philippe Massin-Le Goff. Ils comptent sur leur cabinet pour assurer l’indispensable veille règlementaire, mais « ils ont aussi besoin de conseil sur leur gestion et d’accompagnement dans leurs décisions, tout au long de l’année.

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Les nouvelles tendances en comptabilité pour les professions libérales
Le marché des professions libérales a connu un récent bouleversement avec l’arrivée de cabinets en ligne établissant la comptabilité à partir des relevés bancaires. Ces acteurs proposent des prix cassés et s’appuient sur d’importants investissements en marketing. Beaucoup de BNC optent pour ce genre de services afin de satisfaire à l’obligation règlementaire au moindre coût, sans conseil ni accompagnement.
Pour les experts-comptables les enjeux sont ailleurs : optimisation fiscale et gestion patrimoniale. Parmi les BNC, beaucoup gagnent très bien leur vie, et mériteraient des conseils éclairants, tant sur la gestion de leur activité que sur leur fortune personnelle. La solution retenue par Pascal Rodrigues de Sa : vendre des consultations de conseil, au tarif de 200 € par heure.
Les BNC constituent une clientèle intéressante pour un cabinet d’expertise-comptable. La plupart ont perdu leurs mauvaises habitudes et la dématérialisation fait oublier les classeurs à trier et les agrafes à retirer. Reste à bien les équiper et à automatiser au maximum le règlementaire pour se concentrer sur sa vraie valeur ajoutée : le contact et le conseil.
Collaboration entre expert-comptable & BNC : le récap'
Longtemps considérés comme des clients complexes à gérer par les cabinets comptables, les BNC ont profondément changé leurs pratiques grâce à la digitalisation. Les paiements dématérialisés, les logiciels spécialisés et les plateformes en ligne ont simplifié la gestion comptable et amélioré la traçabilité des opérations.
Aujourd’hui, les attentes des professionnels en BNC se concentrent sur 3 besoins essentiels :
la proximité humaine, avec un expert-comptable qui comprend leur métier et leurs enjeux ;
la visibilité financière, pour mieux anticiper leurs revenus, leurs charges et leur fiscalité ;
la tranquillité d’esprit, grâce à un accompagnement qui les libère des contraintes administratives et réglementaires.
Pour aller plus loin, voici comment packager l’offre de services de son cabinet grâce à la RFE.
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