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Les avantages et inconvénients du statut auto-entrepreneur 

Rémy Lasset
par Rémy Lasset Publié le 29 juillet 2022Mis à jour le 5 août 202210 min. de lect

Officiellement nommée micro-entreprise, l’auto-entreprise est la formule privilégiée par la plupart de celles et ceux qui démarrent une activité professionnelle en tant qu’indépendant·e·s. Si vous avez un tel projet, la simplicité du statut auto-entrepreneur vous intéresse probablement.

Mais quels sont ses autres avantages ? Et quels sont ses inconvénients, ses limites et ses contraintes ? Vous trouverez toutes les réponses à ces questions dans cet article.

Sommaire

Les avantages du statut auto-entrepreneur

Les inconvénients et limites du statut auto-entrepreneur

Les avantages du statut auto-entrepreneur

Ce n’est pas un hasard si la simplicité est la première qualité qui vient en tête en parlant du statut auto-entrepreneur. Vous constaterez d'ailleurs que ce mot apparaît souvent dans l’analyse qui suit. 

Mais d’autres notions reviennent aussi plusieurs fois. C’est le cas notamment de la flexibilité et des allègements de charges fiscales et sociales. 

Voyons cela plus en détails avec 6 bonnes raisons de choisir la micro-entreprise

1. Devenir auto-entrepreneur·e : une démarche simple, rapide et gratuite

La déclaration d’une auto-entreprise s’effectue en quelques clics. Il suffit de savoir naviguer sur internet. 

C’est sans aucun doute la solution la plus rapide pour créer une entreprise. La déclaration s’effectue généralement en quelques minutes. Quelques jours plus tard, vous recevez votre numéro SIRET. Vous devenez ainsi officiellement micro-entrepreneur·e. 

La démarche est totalement gratuite. Outre l’absence de frais d’immatriculation, aucun apport en capital n’est nécessaire.

Pour compléter cet avantage, les conditions d’accès à l’auto-entrepreneuriat sont très souples. Il n’y a par exemple ni statuts de société à rédiger, ni annonce légale à publier. 

Dans certains cas, en raison de l’activité exercée, des justificatifs spécifiques sont toutefois demandés : qualification professionnelle, carte de commerçant ambulant, licence, etc. 

⚠️

La facilité avec laquelle vous pouvez devenir auto-entrepreneur·e ne dispense pas pour autant de bien s’informer au préalable. Il y a quelques choix importants à faire dont : 

  • Celui du statut lui-même ;

  • L'option fiscale ;

  • La fréquence de déclaration et de paiement des cotisations sociales.

Avec notre offre Shine Start, nous pouvons d’ailleurs vous accompagner dans votre projet de création d’entreprise, vous aider dans ces démarches et ces choix. 

Enfin, comme pour la création, les démarches de modification et de radiation d’une micro-entreprise sont elles aussi simples et gratuites.

2. L'avantage de la simplicité de gestion au quotidien

La simplification ne concerne pas seulement ces étapes administratives ponctuelles. Au quotidien, le statut auto-entrepreneur présente l’avantage d’éviter la plupart des lourdeurs de la gestion d’entreprise. 

Ceci est remarquable tant sur le plan des obligations comptables que déclaratives. Comparativement à une société, il n’est par exemple pas nécessaire de produire annuellement un compte de résultat, ni un bilan comptable, ni de fournir une liasse fiscale aux impôts. 

Dans de nombreux cas, il n’y a pas non plus à se soucier des déclarations de TVA. Nous préciserons ce point juste un peu plus loin. 

Il en résulte des gains significatifs en termes : 

  • De temps, qui pourra profitablement être consacré au développement de l’activité ;

  • D’argent, car le recours à un comptable ou expert-comptable est facultatif et moins onéreux.

Concrètement, les seules obligations sont les suivantes :

  • Émettre des factures aux clients (qu’il est recommandé de conserver pendant 10 ans) ;

  • Tenir un livre de recettes (sans formalisme imposé) ;

  • Sur un rythme mensuel ou trimestriel (au choix), déclarer le chiffre d’affaires (CA) et régler les cotisations sociales sur le site de l’URSSAF.

Un registre des achats est également requis dans certains cas particuliers. Cette règle s’applique si l’activité principale consiste en la vente de marchandises et fournitures à consommer sur place ou à emporter, ou en des prestations de services d’hébergement. 

Dès lors que le CA dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives, l’auto-entrepreneur·e doit aussi disposer d’un compte bancaire dédié à son activité. 

3. La franchise en base de TVA

Troisième grand avantage, le statut auto-entrepreneur bénéficie par défaut de la franchise en base de TVA

Ce régime spécifique est intéressant pour plusieurs raisons : 

  • D’une part, n’ayant ni déclaration, ni comptabilisation, ni versement de la TVA à effectuer, c’est un gain de temps significatif ; 

  • D’autre part, la dispense de collecte et de reversement de TVA simplifie la gestion de trésorerie ; 

  • Enfin, l’absence de facturation de TVA représente un avantage concurrentiel si la clientèle se compose de particuliers (ou d’entreprises qui ne récupèrent pas la TVA).

⚠️

Attention, la franchise en base de TVA ne s’applique que jusqu’à un chiffre d’affaires annuel de : 

  • 85 800 € pour une activité de vente de marchandises et fournitures à consommer sur place ou à emporter, ou encore de prestations de services d’hébergement ;

  • 34 400 € pour les autres prestations de services. 

Un second niveau de seuils permet même de maintenir la franchise pendant une année de plus en cas de léger dépassement. 

Enfin, il faut savoir qu’il est possible de renoncer au régime de la franchise en base de TVA. Cette option volontaire pour le paiement de la TVA est valable 2 ans puis reconduite tacitement. 

Cette possibilité convient particulièrement aux auto-entrepreneur·e·s qui réalisent de gros volumes d’investissements ou autres achats. Moyennant l’effort de collecte de la TVA sur les encaissements, cela leur permet en contrepartie de récupérer la TVA

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4. Des charges sociales allégées

Le statut auto-entrepreneur est intéressant aussi en termes de charges sociales, grâce au régime micro-social. 

Outre la simplicité de déclaration et de règlement, le calcul est clair et avantageux. Il consiste à appliquer un taux de cotisation au CA réalisé sur le mois ou le trimestre écoulé. 

En l’absence de chiffre d’affaires sur la période, il n’y a donc aucune cotisation à payer. 

ℹ️

Le taux de cotisation dépend uniquement du secteur d’activité : 

  • 12,8 % pour les autres prestations d'hébergement et les activités de vente de marchandises ;

  • 22 % pour les autres prestations de services et les professions libérales. 

À ceci s’ajoute la contribution à la formation professionnelle : 0,1 à 0,3 % selon les cas. Et c’est tout ! 

Dans tous les cas, ces charges sont faciles à anticiper. C’est encore un avantage qui simplifie la gestion de trésorerie. 

Enfin, les auto-entrepreneur·e·s qui remplissent les critères ouvrant droit à l’ACRE (Aide à la Création et à la Reprise d’Entreprise) peuvent alors bénéficier d’un taux de cotisation divisé par deux pendant la première année d’activité. 

5. L'impôt sur le revenu (IR) et l’option pour le versement libératoire

Le statut auto-entrepreneur bénéficie d’un avantage fiscal exclusif : le versement libératoire de l’impôt sur le revenu

Il s’agit dans tous les cas d’une option volontaire, en alternative au régime d’imposition classique. Cette possibilité est bien entendu soumise à quelques conditions, notamment un plafond sur le CA de l’année précédente et un plafond sur le revenu fiscal de référence de l’année N-2. 

Concrètement, cette option revient à régler l’impôt en même temps que les cotisations sociales, sur la base de la même déclaration, mensuellement ou trimestriellement. 

ℹ️

Le taux de ce versement libératoire appliqué au chiffre d’affaires de la période, sans abattement, varie lui aussi selon l’activité : 

  • 1 % pour les ventes de marchandises et les fournitures de logement, 

  • 1,7 % pour les prestations de services commerciales et artisanales, 

  • 2,2 % pour les autres prestations de services et les professions libérales. 

Sauf à être non imposable, ce système permet dans la plupart des cas de payer moins d’impôt comparativement à l’IR classique. Il est donc recommandé de faire une simulation comparative. 

Mais en plus de cela, le versement libératoire offre d’autres avantages annexes : 

  • La simplicité encore, avec un calcul aisé et une visibilité accrue sur le montant de l’impôt à payer ;

  • Un gain de temps puisque, une fois l’option transmise au fisc, toutes les formalités liées à l’impôt auto-entrepreneur fusionnent avec les déclarations URSSAF ;

  • Une plus grande fluidité dans la gestion de trésorerie. 

6. Le statut auto-entrepreneur et le cumul d’activités

Le dernier avantage majeur de cette liste révèle un statut auto-entrepreneur ouvert et flexible.

D’abord, l’auto-entrepreneuriat permet de cumuler plusieurs activités, même très différentes. Il suffit de les déclarer au moment de la création d’entreprise ou d’effectuer ultérieurement une modification. 

Il faut par contre bien indiquer, comme activité principale, celle qui procure le plus de revenus.

Enfin, la possibilité de cumuler le statut auto-entrepreneur avec un autre statut est un énorme avantage. Ainsi, vous pouvez devenir ou rester auto-entrepreneur·e tout en étant étudiantretraitéchômeursalarié du privé, fonctionnaire ou dirigeant d’entreprise. 

Attention toutefois, certaines conditions s’appliquent. Dans la fonction publique, par exemple, il faut obtenir l’accord de l’employeur. Pour les salariés du privé, il faut respecter l’éventuelle clause de non-concurrence. 

Les inconvénients et limites du statut auto-entrepreneur

Après cette longue liste d’avantages, il faut bien avoir conscience des inconvénients de l’auto-entrepreneuriat. Ils relèvent pour la plupart soit de contreparties aux avantages (le revers de la médaille), soit de limites qui ramènent à la définition de micro-entreprise.

Voici 5 inconvénients liés au statut d'auto-entrepreneur.

1. Statut auto-entrepreneur : couverture sociale limitée

Certes, des améliorations significatives ont eu lieu depuis quelques années. Mais la couverture sociale reste un point faible, bien présent dans les esprits quand on parle de l’auto-entrepreneuriat.

Si l’on compare au statut salarié, en effet, les garanties sont moindres dans tous les domaines : 

  • En maladie, les indemnités journalières souffrent notamment de délais de carence plus longs ;

  • En matière de chômage, l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) instaurée en 2019 reste modeste et soumise à de strictes conditions ; 

  • Pour la retraite, la validation des trimestres est conditionnée à la réalisation d’un certain niveau de chiffre d’affaires. 

💡

Le choix d’une bonne mutuelle santé complémentaire revêt donc une réelle importance. Aussi, l’auto-entrepreneur·e doit rester vigilant·e quant à sa situation financière, tant en vue de la retraite que pour parer à d’éventuelles difficultés

2. L'absence de déduction des charges au réel

Comme nous l’avons décrit au titre des avantages, l’impôt et les cotisations sociales des auto-entrepreneur·e·s ont pour assiette le CA et non pas le bénéfice ou résultat. La contrepartie de cet avantage visant notamment à simplifier, c’est que la déduction des charges réelles est impossible

Certes, les taux de cotisations différenciés selon le type d’activité tiennent compte de ce fait. De même, pour l’IR, le fisc applique un abattement pour prendre en compte ces frais et charges de manière forfaitaire. Le taux varie de 34 à 71 % selon l’activité.

Il n’en reste pas moins que cela peut constituer un inconvénient majeur, ponctuellement ou durablement, si le montant de vos achats et autres dépenses professionnelles est largement supérieur à la norme

Aussi, cela empêche tout amortissement des investissements tel que la pratique comptable le permet pour d’autres entreprises via les dotations aux amortissements. 

3. Quelques charges fixes

Nous avons souligné plusieurs des avantages en termes de trésorerie, particulièrement liés au fait que les charges fiscales et sociales sont très corrélées au chiffre d’affaires. Mais par souci de transparence, il convient d’ajouter que quelques frais fixes subsistent toutefois, même en l’absence de CA.

Évidemment, il y a toutes les dépenses directement liées à l’activité, parfois nécessaire avant même le démarrage. Nous venons de voir qu’elles ne sont pas déductibles en réel.

Mais il ne faut pas oublier non plus : 

  • La souscription, obligatoire ou non, de contrats d’assurance : garantie décennale dans le secteur du BTP, assurance des locaux professionnels, responsabilité civile professionnelle, etc. ;

  • Les frais liés au compte bancaire dédié à l’activité. 

Sur ce dernier point, nous apportons une solution intéressante avec le compte Shine : un compte pro complet, simple et économique. 

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Enfin, il y a la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). Elle est calculée sur la base de la valeur locative des locaux utilisés dans le cadre de l’activité professionnelle ou, à défaut, en référence à des tranches de chiffre d’affaires.

Le taux d’imposition est fixé localement. Il peut donc s’avérer utile de se renseigner avant d’établir sa micro-entreprise dans telle ou telle commune. 

Quelques cas d’exonération existent, notamment : 

  • Une exonération totale la première année, ainsi que pour tout exercice pour lequel le CA est inférieur à 5 000 € ;

  • Une réduction de 50 % la deuxième année. 

4. Quelques inconvénients à titre personnel

Le choix du l’auto-entrepreneuriat est souvent un acte volontaire et personnel, en alternative au statut salarié. Les nombreux avantages ne doivent toutefois pas cacher certains aspects plus contraignants. 

ℹ️

Heureusement, depuis le 15 mai 2022, l’un de ces inconvénients a disparu. En effet, en cas de difficultés financières dans le cadre de l’activité professionnelle, seuls les biens nécessaires à cette activité peuvent faire l’objet d’une saisie. Tous les biens à usage strictement personnel sont à l’abri. 

Mais d’autres contraintes subsistent. Consciemment ou non, de nombreux acteurs économiques font moins confiance aux auto-entrepreneur·e·s. Cela peut pénaliser par exemple la recherche de clients, fournisseurs ou autres partenaires. 

Toutes choses égales par ailleurs, il est souvent plus difficile pour un·e auto-entrepreneur·e d’obtenir un prêt personnel ou professionnel. Les banques demandent généralement beaucoup plus de garanties et imposent des conditions moins avantageuses. 

Aussi, en l’absence de bilans comptables certifiés, la revente d’une micro-entreprise est presque mission impossible

5. Les limites du statut auto-entrepreneur : les plafonds de CA

Finalement, il faut se rappeler que l’on doit parler officiellement de micro-entreprise. L’auto-entrepreneuriat est donc bien réservé à des entreprises de taille très réduite. 

Les plafonds de CA qui permettent d’accéder et de se maintenir sous ce régime sont assez rapidement atteignables. Cela veut dire que dans certains cas, il faut se préparer à devoir passer à un autre statut, voire à le choisir dès le départ. 

Les plafonds de chiffre d’affaires sont les suivants : 

  • 176 200 € pour les activités de commerce et les prestations de services d’hébergement ; 

  • 72 600 € pour les autres prestations de services et les professions libérales. 

Lorsque vous dépassez le plafond, un délai de 2 ans vous est accordé avant de passer dans le régime de droit commun de l’entreprise individuelle ou de toute autre forme juridique de votre choix. Pendant ce délai, vous conservez le même régime social mais, au niveau fiscal, vous passez immédiatement au régime réel.

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