Ouvrir une boîte de nuit en 9 étapes clés
Publié le 19 avril 2023
par Manon Ca
Mis à jour le 8 juillet
6 min. de lecture
Publié par Manon Ca
Relu par Victoria Grimaldi
Mis à jour le 8 juillet
6 min
En vrai noctambule, vous avez décidé de convertir votre passion pour le dancefloor en une activité professionnelle fructueuse ? Foncez ! L’engouement pour la fête ne connaît que rarement la crise. Une fois la réglementation en tête et les démarches administratives passées, la gestion d’une boîte de nuit peut s’avérer très lucrative ! 💃
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1. Faire mûrir son projet de boîte de nuit
Avant de vous lancer dans l’ouverture d’une boîte de nuit, voici 3 étapes à réaliser :
1. Définir vos motivations
Ouvrir une boîte de nuit est un projet ambitieux. Vous allez devoir mettre la main à la pâte dès le départ et vous consacrer entièrement à votre projet entrepreneurial. Avez-vous les compétences et la motivation nécessaires ? Combien de jours allez-vous consacrer à cette aventure ? Pour être viable, ce projet doit être mené avec sérieux.
2. Choisir votre concept
Disco, deep, soul, rock, techno : votre boîte de nuit peut diffuser une variété de musique ou plusieurs, selon vos envies. L’essentiel est de convaincre votre cible de venir danser dans votre établissement.
Vous pouvez réaliser un sondage pour connaître les envies des jeunes de votre ville et faire le point sur les établissements qui existent déjà.
Ensuite, vous devrez construire une stratégie marketing cohérente et en phase avec l’offre musicale proposée au sein de votre boîte de nuit.
3. Réaliser un business plan
Le plan d’affaires vous permettra de mettre toutes ces informations au clair. Il permet de :
délimiter votre projet ;
choisir les membres de votre équipe ;
faire une étude de marché ;
anticiper votre stratégie de communication ;
établir des prévisions financières ;
sélectionner un statut juridique adapté.

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2. Choisir son local (attention aux nuisances sonores)
Pour l’implantation d’une discothèque, l’étude de marché est avant tout géographique.
Est-il pertinent de s’implanter dans une rue dédiée au monde de la nuit ? Vaut-il mieux privilégier une commune sans discothèque ? La loi nous permet-elle de nous installer ici ? Autant de questions à se poser lors de la recherche du local idéal.
Avant de fixer le lieu d’implantation, il faut réaliser une étude de l’impact des nuisances sonores afin de déterminer la conformité de l'établissement et d’assurer la protection des futur·es client·es et des habitant·es.
En cas de contrôle par les autorités, une telle étude d’impact doit être mise à leur disposition.
💡 Votre local doit aussi respecter les règles et normes relatives à la sécurité incendie.
⚖️
Le niveau de décibels moyen autorisés est de 102 décibels pondérés A sur 15 minutes et 118 décibels pondérés C sur 15 minutes. Cette mesure doit être faite au maximum des capacités des enceintes et à 50 cm d'elles.
3. Demander la licence IV
Pour exploiter votre boîte de nuit en toute légalité, il est important d’obtenir le fameux sésame : la licence IV. Aussi appelée grande licence ou licence de plein exercice, elle vous autorise à vendre des boissons alcoolisées de plus de 18° comme le rhum, le gin ou la vodka.
La création d'une licence 4 est a priori interdite. Vous devez donc la racheter à un propriétaire souhaitant la céder. Son coût est variable (environ 7 500 € en France, et parfois beaucoup plus selon l'endroit).
Voici les conditions d’obtention d’une licence IV :
être français·e ou étranger·ère en situation régulière ;
être majeur, mineur anticipé, ne pas être sous tutelle ;
ne pas avoir commis certains délits qui engendrent l’interdiction de posséder une licence pour une durée de 5 ans ;
être titulaire d’un permis d’exploitation ;
faire une déclaration préalable auprès de la mairie ;
s’immatriculer auprès du RNE.
⚠️ La vente d'alcool aux mineurs est interdite.
💡
Pour les licences III (pour les alcools inférieurs à 18 degrés comme le vin ou la bière), le nombre de licences est limitée par commune et en fonction du nombre d'habitants.
4. Se former pour obtenir un permis d’exploitation
Vous l’aurez compris : vous devrez demander une licence IV afin de gérer votre boîte de nuit. Pour obtenir un permis d’exploitation, une formation obligatoire et spécifique s’impose.
Le permis d'exploitation est délivré par un organisme agréée. Il s'agit d'une formation de 20 heures qui s’étale sur 3 jours et à l’issue de laquelle le permis est délivré.
Le permis d’exploitation a une validité de 10 ans et il est renouvelable suite à une formation de 6 heures.
5. Faire une déclaration préalable en mairie
L’une des conditions pour obtenir la licence IV, c’est la déclaration préalable en mairie. En tant que futur·e gérant·e d’un établissement qui vend de l’alcool, vous devez faire une déclaration administrative auprès de la mairie compétente au moins 15 jours avant l’ouverture de votre boîte de nuit.
Vous recevrez un récépissé qui prouvera que vous êtes en possession de votre licence. Toutefois, ce document ne vous permet pas encore d’exploiter votre boîte de nuit et n’indique pas non plus que vous êtes gérant·e ou propriétaire de votre établissement.
6. Choisir son statut juridique
Le choix du statut juridique dépend de l’ampleur de votre projet. L’achat de matériel (sono, effets lumineux, verres, baffles, platines de DJ, etc.) fait, par exemple, partie des frais déductibles en SASU.
Dans la mesure où vous aurez des charges importantes, celles-ci devront idéalement être déduites de votre chiffre d’affaires pour le calcul de vos cotisations.
Cette décision repose également sur l’envie, ou non, de vous associer. Si vous êtes deux à vouloir ouvrir une boîte de nuit, la SARL ou la SAS sont des options envisageables. Si vous voulez partir à l’aventure en solo, nous vous conseillons de privilégier l’EURL ou la SASU.
Dans tous les cas, créer une société est quasiment indispensable pour créer une boîte de nuit en raison de l'ampleur du projet.
📝
Le business plan permet de faire des projections précises quant à la gestion de votre future boîte de nuit. Ce document stratégique vous aidera à choisir le meilleur statut juridique.
7. Immatriculer sa boîte de nuit auprès du guichet unique
L’une des dernières conditions pour obtenir la licence IV est de donner à votre établissement une existence légale.
Pour cela, il suffit de déclarer l’ouverture de votre boîte de nuit et de l’immatriculer auprès du guichet unique des entreprises.
Vous aurez besoin des documents suivants :
exemplaire des statuts de votre société ;
déclaration des bénéficiaires effectifs (à remplir en ligne) ;
formulaire M2 de création de société (à remplir en ligne) ;
copie de l'annonce légale de création de la société ;
attestation de dépot du capital social de la société ;
pièce d'identité du représentant légal...
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8. Faire une demande auprès de la SACEM
Pour que votre boîte de nuit puisse être exploitée en bonne et due forme, vous devez obtenir le droit de diffuser de la musique.
Vous pouvez envoyer une demande d’autorisation auprès de la Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique, et plus précisément à votre délégation.
Le coût dépendra de votre chiffre d’affaires prévisionnel et des conditions d’exploitation de votre boîte de nuit.
💸 Comptez environ 1 000 € pour un CA prévisionnel annuel HT de moins de 50 000 €. Pour connaître le détail des tarifs, consultez les prix des droits de diffusion.
💡
Vous devez aussi effectuer une déclaration annuelle auprès de la société pour la perception de la rémunération équitable des artistes interprètes et des producteurs de phonogrammes (SPRE). Il faudra payer une redevance annuelle.
9. Obtenir l'autorisation de la préfecture de police
Pour être en mesure d’ouvrir votre boîte entre 2 h et 5 h du matin, vous devez faire une demande d’autorisation d’ouverture de nuit. Pour déposer votre demande, il faut créer un compte personnel auprès de la préfecture de police et joindre les documents suivants :
la licence IV ;
le permis d’exploitation ;
une lettre de motivation.
Une telle dérogation est valable pour une durée comprise entre 3 mois et 1 an. Elle peut faire l’objet d’un renouvellement à condition que la boîte de nuit ne génère aucun trouble à l’ordre public.
Récap’ des 9 étapes pour ouvrir une boîte de nuit
Voici un récapitulatif des étapes à suivre pour ouvrir sa propre boîte de nuit :
faire mûrir le projet et rédiger un business plan ;
choisir le local et vérifier l’absence de nuisances sonores ;
demander la licence IV ;
passer une formation et obtenir le permis d’exploitation ;
faire une déclaration préalable en mairie ;
choisir le statut juridique ;
s’immatriculer au guichet unique ;
réaliser une demande pour diffuser de la musique ;
obtenir l'autorisation de la préfecture de police pour ouvrir la nuit.
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