Facturation électronique pour les restaurateur·rices : êtes-vous prêt·e ?
Publié le 12 juin
6 min. de lecture
Publié par Victoria Grimaldi
6 min
Vous êtes patron·ne d’un restaurant et vous avez entendu parler de la réforme de la facturation électronique ? Alors cet article pourrait bien vous intéresser ! Comme la plupart des entreprises, les restaurants, bars et autres cafés sont concernés par la dématérialisation des factures !
Néanmoins, votre secteur comporte des spécificités dont il faut tenir compte, et notamment, une forte dominante B2C. On fait le point sur vos obligations concrètes et ce qui va vraiment changer dans votre quotidien.

Restaurateur·rice : le résumé de vos obligations en matière de facture électronique
Facturation électronique : les obligations des restaurants, cafés et bars
Situation | Obligation | Date |
|---|---|---|
Vous recevez des factures de vos fournisseurs | ✅ Recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée | 1er septembre 2026 |
Vous vendez à des particuliers ou à une clientèle étrangère | ✅ Transmettre vos données de vente via le e-reporting | 1er septembre 2027 (TPE/PME) |
Vous facturez des entreprises (traiteur, séminaire…) | ✅ Émettre des factures électroniques | 1er septembre 2027 (TPE/PME) |

Êtes-vous concerné·e par la réforme de la facturation électronique ?
Facturation électronique : ce qui va changer pour les restaurateur·rices
La réforme de la facturation électronique en bref
La réforme de la facturation électronique vise à obliger les entreprises à échanger des factures par voie dématérialisée. Le but annoncé est clair : lutter contre la fraude à la TVA et simplifier les obligations déclaratives.
Une facture électronique, ce n'est pas un simple PDF envoyé par e-mail. C'est un document adoptant l’un des 3 formats structurés recommandés (Factur-X, UBL, CII) qui transite via une plateforme agréée (PA) immatriculée par l'État.
Cette réforme concerne toutes les entreprises pour ce qui est de la réception des factures électroniques provenant d’autres entreprises. Elle comporte aussi une obligation d’émission de factures électroniques dans certains cas.
Bonne nouvelle : en restauration, la grande majorité de vos ventes se fait directement avec des clients particuliers (B2C). Dans cette situation, vous n'aurez pas à émettre des factures électroniques mais à réaliser un e-reporting de vos données (nous y revenons plus bas !).
Les dates clés à retenir pour le secteur CHR
Le calendrier de la facturation électronique prévoit 2 échéances clés, dont l’une d’elles approche à grands pas :
Calendrier de la facturation électronique
Date | Obligation | Qui est concerné ? |
|---|---|---|
1er septembre 2026 | Réception des factures électroniques | Tous les restaurants, quelle que soit leur taille |
1er septembre 2027 | Émission de factures + e-reporting | TPE, PME, micro-entreprises |
1er septembre 2026 | Émission de factures + e-reporting | Grandes entreprises et ETI |
Pour votre clientèle de particuliers : pas de factures électroniques à émettre
Un·e client·e entre dans votre restaurant, commande un plat, règle son addition. De votre côté, rien ne change : vous lui remettez son ticket de caisse comme avant.
L’émission de factures électroniques ne concerne que les transactions entre entreprises assujetties à la TVA. Les particuliers n’étant pas assujettis à la TVA, ce type de vente n'entre pas dans le circuit.
👉 Bonne nouvelle donc : vous n'avez pas à éditer de facture électronique pour chaque addition.
Pour votre clientèle professionnelle : obligation d’émission
À partir de septembre 2027, si vous facturez des client·es professionnels (B2B), vous devrez émettre vos factures au format électronique via une plateforme agréée.
👉 Quelques cas d’usage où vous devrez facturer une entreprise et émettre une facture électronique :
des salarié·es en séminaire payé par le comité d'entreprise qui viennent déjeuner ;
un·e avocat·e vient manger avec un·e client·e pour un dîner d’affaires ;
un·e salarié·e qui souhaite une note de frais, etc.
📌 Exemple
Paul est traiteur à Nantes. Il organise régulièrement des déjeuners d'équipe pour des entreprises locales, qui lui réclament une facture. À partir du 1er septembre 2027, ces factures devront être émises au format électronique et envoyées via une plateforme agréée.
Pour vos fournisseurs : obligation de réception
Dès le 1er septembre 2026, vos fournisseurs et grossistes (par exemple : Metro, Transgourmet, etc.) vous enverront leurs factures au format électronique structuré.
Pour les recevoir, vous devrez être inscrit·e sur une plateforme agréée. Sans plateforme agréée à cette date, vous ne pourrez pas recevoir ces factures et vous vous exposez à des sanctions.
Cela vous concerne peu importe la taille de votre restaurant (food-truck, grande franchise, restaurant de quartier, etc.).
👉 C'est la première étape concrète à anticiper et la plus urgente.
📌 Exemple
Lucie dirige un bistrot à Bordeaux. Chaque semaine, elle reçoit des factures de ses fournisseurs : boissons, viande, produits frais. À partir du 1er septembre 2026, elle devra réceptionner ses factures via une plateforme agréée.
E-reporting : l'obligation principale pour la restauration
Le e-reporting est l'obligation qui va impacter le plus directement votre quotidien en tant que restaurateur·rice.
Concrètement, vous n’êtes pas soumis·e à l’obligation d’émission de factures électroniques pour votre clientèle de particuliers ou d’étrangers. Mais vous devez quand même transmettre vos données de transaction et vos données de paiement à la DGFiP.
👉 En clair, vous devrez transmettre à l’administration fiscale un résumé de vos ventes B2C. La plupart du temps, vous pourrez utiliser le ticket Z (ou Z de caisse) pour cela.
Le résumé de vos ventes doit :
être ventilé par taux de TVA ;
être envoyé par votre logiciel de caisse via une plateforme agréée.
⌛️ La fréquence des envois dépend de votre régime fiscal :
régime réel normal : 3 fois par mois ;
régime réel simplifié : 1 fois par mois ;
franchise en base de TVA (micro-entrepreneurs) : tous les 2 mois.
📌 Exemple
Karim tient une brasserie de 30 couverts à Lyon. L'immense majorité de ses client·es sont des particuliers et quelques touristes étrangers : il n'a pas d’e-factures à leur émettre. En revanche, à partir du 1er septembre 2027, il devra transmettre ses données de vente à l'administration fiscale dans le cadre de l’e-reporting.

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Comment se préparer à la facture électronique en restauration ?
1. Vérifier la conformité de votre logiciel de caisse
En tant que professionnel·le de la restauration, vous le savez sans doute : votre logiciel de caisse doit être certifié NF525. C’est une obligation depuis 2018.
Mais avec la réforme, le point clé à vérifier est la compatibilité de votre logiciel de caisse : ce dernier doit pouvoir transmettre vos données d’e-reporting correctement avec les bons taux de TVA.
Vous pouvez appliquer jusqu'à 3 taux de TVA en restauration différents (10 %, 5,5 % et 20 %) selon la nature des ventes. Et ça peut aller très vite !
🍕Par exemple, pour une pizzeria : une petite bouteille d’eau (TVA à 5,5 %), des bières (TVA à 20 %), des pizzas sur place ou à emporter (TVA à 10 %).
Votre logiciel de caisse doit ventiler automatiquement votre chiffre d’affaires par taux de TVA pour alimenter l’e-reporting correctement. À défaut, il est temps d’en changer !
2 questions clés à se poser
Votre logiciel de caisse génère-t-il un ticket Z avec ventilation des taux de TVA pour l’e-reporting ?
Votre logiciel de caisse est-il compatible avec la plateforme agréée que vous allez choisir et pourra-t-il transmettre vos données automatiquement ?
2. Choisir une plateforme agréée
Une fois la question du système de caisse réglée, vous pouvez maintenant choisir une plateforme agréée par l’État.
Pour cela, vous pouvez consulter la liste officielle sur impots.gouv.fr. Plus de 100 plateformes sont déjà disponibles à l’heure actuelle.
✅ En tant que restaurateur·rice, vous devez privilégier :
une plateforme compatible avec votre logiciel de caisse ;
facile à utiliser au quotidien ;
avec une tarification raisonnable ;
et un support client réactif.
Une fois votre plateforme agréée sélectionnée, vous n’avez plus qu’à vous inscrire avant septembre 2026 directement sur le site de l’entreprise choisie.
Vous serez inscrit·e à l’annuaire national de la facturation électronique et vos fournisseurs pourront vous adresser leurs factures facilement.
💸 Concernant le coût d’une plateforme agréée, tout dépend de votre choix et des fonctionnalités intégrées. La fourchette moyenne tourne autour de 0 € à 80 €/mois. Les prix les plus élevés traduisent généralement un accompagnement avec un·e expert·e-comptable.
✨ Shine est plateforme agréée
Shine figure dans la liste officielle des plateformes agréées ! Si vous avez un compte Shine, vous pouvez nous choisir comme plateforme agréée sans surcoût. Vous pourrez envoyer et recevoir des factures électroniques 100 % conformes en quelques clics.
Les avantages de la facturation électronique pour un restaurant
Au-delà de la conformité, la facturation électronique va faciliter le quotidien des restaurateur·rices. Voici quelques avantages concrets de la facturation électronique :
✅ Suivi des paiements : vous pouvez suivre vos factures en attente de paiement facilement. À la clé, une meilleure gestion de votre trésorerie !
✅ Moins de factures perdues : vos documents sont archivés automatiquement en ligne sur votre plateforme agréée.
✅ Déclarations de TVA simplifiées : à terme, vos déclarations seront pré-remplies à partir de vos données.
✅ Données plus fiables : fini les erreurs de frappe sur les factures.
✅ Gain de temps : un restaurant qui travaille avec 5 à 10 fournisseurs reçoit entre 20 et 40 factures par mois. Automatiser leur traitement, c'est plusieurs heures de gagnées sur votre comptabilité chaque mois !
👥
Prévoyez un temps de formation de vos équipes en salle pour qu’elles puissent s’approprier les nouvelles obligations, et notamment, savoir identifier rapidement le type de client·e (professionnel ou particulier).
À retenir sur la facturation électronique pour les restaurants
Dès le 1er septembre 2026, tous les restaurants devront pouvoir recevoir les factures de leurs fournisseurs au format électronique via une plateforme agréée.
Vos ventes aux client·es particuliers qui viennent manger dans votre restaurant ne donnent pas lieu à l’édition de factures électroniques. Elles sont cependant soumises à l'e-reporting.
En revanche, pour vos client·es professionnels, vous devrez émettre des factures électroniques.
Pour vous préparer concrètement à la réforme, vous pouvez commencer par vérifier la compatibilité de votre logiciel de caisse et choisir votre plateforme agréée sans attendre.
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