Les chef·fes d’entreprise veulent beaucoup plus qu’un bilan bien fait
Publié le 2 juillet
5 min. de lecture
Publié par Victoria Grimaldi
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Alors que l’heure de la facture électronique et de l’e-reporting généralisés se rapproche, la plupart des cabinets d’expertise-comptable ont compris que leurs activités traditionnelles et réglementaires seront de plus en plus challengées. Ils veulent proposer de nouveaux services. Auront-ils les moyens de leurs ambitions ? Voici quelques pistes à explorer pour favoriser la transformation de votre cabinet.

Les entreprises plébiscitent l’accompagnement par leur expert ·e -comptable
C’est un fait, les entreprises sont de plus en plus exigeantes vis-à-vis de leurs expert·es-comptables.
La gestion de l’après-Covid, les incertitudes économiques, et désormais la nécessité de déployer la facturation électronique et l’e-reporting, sont venues renforcer des attentes de conseil et d’accompagnement.
Ces attentes dépassent largement la satisfaction de disposer chaque année d’un bilan bien fait et d’une liasse déposée en temps et en heure.
« La réactivité et la flexibilité sont les deux caractéristiques préférées des entreprises à l’égard de leurs expert·es-comptables. Les plus petites attachent davantage d’importance à l’accompagnement, avec davantage de conseil, et aux relations qui vont au-delà des missions comptables classiques. Les plus grandes entreprises attachant plus d’importance à la connaissance de leur environnement économique. »

Les bons outils pour développer votre activité.
Tenue de comptes et déclarations fiscales : sous la barre des 50 % du CA en 2025
Cependant, presque les 2/3 du chiffre d’affaires des cabinets d’expertise-comptable, et même plus de 70 % pour les plus petits d’entre eux, provient encore aujourd’hui de la tenue et de l’établissement des comptes annuels et des déclarations fiscales selon Les Moulins EC.
Le réglementaire mobilise en moyenne 6 collaborateur·rices sur 10. À l’horizon 2025, le chiffre se rapprochera de 50 % en moyenne.
Le poids des activités historiques des cabinets d’expertise-comptable suit donc une pente descendante. Une pente douce ? Pour l’instant…
La désintermédiation, une réalité qui s’impose à tous niveaux
Car il y a toutes les raisons de penser que la pente va s’accentuer au cours des mois et des années à venir.
L’intensité concurrentielle va se renforcer, comme c’est la règle dans tous les marchés sur lesquels se positionnent de nombreux intervenants.
Et ceux-ci ne manquent pas : des acteurs très agiles proposent des offres 100 % dématérialisées, des « LegalTech » lorgnent sur les prestations historiques, des néo-banques ciblent les PME.
Les banques traditionnelles se positionnent de plus en plus sur l’accompagnement en gestion et en pré-comptabilité. Sans oublier les offres à venir de la part des opérateurs et des plateformes de dématérialisation.
Mais plus encore, c’est l’État qui encourage à la désintermédiation, en reprenant sous son aile, après la généralisation de la facture électronique et de l’e-reporting, le calcul de la TVA : les CA3 pré-remplies suivront à n’en pas douter l’exemple des déclarations de revenus des particuliers…
« Avec la facture électronique et la TVA, l’État reprend enfin sur lui la collecte et le calcul de la TVA. De quoi, à la fois, discipliner les client·es, et nous libérer du temps pour faire notre métier d’origine : le conseil en gestion. »
La facturation électronique, une rupture historique majeure pour les expert ·e s-comptable
On assiste donc à un alignement des planètes. À l’évolution structurelle du marché vient s’ajouter une raison conjoncturelle : la révolution de la facturation électronique et ses opportunités.
Un vrai bouleversement pour les entreprises, mais aussi pour les cabinets d’expertise-comptable qui verront donc à terme leur échapper la majeure partie du travail déclaratif, limité dès lors à la vérification des données enregistrées par l’administration.
Sans oublier qu’un cabinet est aussi une entreprise, et qu’il devra lui-aussi s’équiper de solutions compatibles avec la nouvelle législation !
Pour réceptionner les factures fournisseurs, les entreprises devront utiliser une plateforme agréée (PA, ex-PDP) qu’elles auront choisie au plus tard de 1er septembre 2026.
À court terme, la facturation électronique représente donc une opportunité pour les expert·es-comptables, en particulier pour accompagner les entreprises, dont beaucoup n’ont pas encore saisi la portée, les obligations et les conséquences concrètes de cette réforme majeure.
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Fin 2022, 29 % des entreprises n’avaient pas encore entamé de démarches pour se conformer aux nouvelles obligations concernant la facturation électronique, selon une enquête d’Opinion Way intitulée "Les entreprises et la généralisation de la facturation électronique".

Êtes-vous concerné·e par la réforme de la facturation électronique ?
Les missions d'un cabinet : de la production comptable à la production de données
« La tenue de comptabilité va évoluer vers l’intégration de données et documents électroniques, avec une fonction de tiers de confiance (attestation de force probante des données). Et avec la facturation électronique, les expert·es-comptables peuvent proposer de nouveaux services tels que la mise à disposition des pièces comptables, des workflows de paiement, le suivi des tiers et de trésorerie au plus près de la réalité, des services de cessions de créances et recouvrement. »
Autrement dit, les missions des expert·es-comptables vont évoluer du traitement de documents au traitement de données.
« Les outils de production comptable doivent devenir des outils logiciels d’intégration et de traitement de la donnée, pour nous permettre la réalisation de missions d’accompagnement et de conseil auprès de nos client·es. ».
Place à la diversification pour gagner en pertinence, en attractivité et en compétitivité
L’heure est donc à la diversification, notamment dans à la vente de conseil :
« Il constituera un relais de croissance important. »
La stratégie des cabinets d’expertise-comptable doit être basée sur 3 principes clés :
La pertinence pour continuer de demeurer l’interlocuteur privilégié des entreprises, y compris pour la facturation électronique.
L’attractivité, pour attirer et recruter les meilleurs talents, à l’heure où la pyramide des âges des professionnels de l’expertise-comptable est déséquilibrée et où les tensions sur le marché du travail sont accentuées.
La compétitivité, qui permet de maintenir, voire d’augmenter les marges nettes (en moyenne inférieures à 10 % en France), sur un marché qui ne progresse que faiblement (environ 3 % par an). Outre le développement de nouvelles offres de conseil et d’accompagnement, cette compétitivité passe à l’évidence par l’automatisation. Ne serait-ce que pour aligner le cabinet avec ses client·es.
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Pour répondre à leurs enjeux de transformation, 93 % des directions financières envisagent d’investir dans la digitalisation de la fonction Finance à court terme, selon PwC et la DFCG.
En bref : la transformation des cabinets comptables face aux nouvelles attentes des entreprises
Aujourd'hui, les entreprises attendent de leur expert·e-comptable bien plus qu'un bilan : réactivité, conseil et accompagnement sont au cœur de leurs attentes.
Les missions réglementaires sont en baisse. Et la tendance va s'accentuer avec la facturation électronique, l'automatisation et la concurrence qui s'accroît.
Pour résister, les cabinets doivent miser sur 3 leviers : pertinence, attractivité et compétitivité.
Les changements à venir laisse présager un mouvement qui va ouvrir de nombreuses opportunités pour les cabinets qui sauront produire des bilans justes et dans les délais, mais surtout, valoriser leur rôle dans l’accompagnement et le conseil.
Comme le dit David Amram, expert-comptable au cabinet Afitec : "Je crois que s’ouvre une période très bénéfique pour les cabinets !"
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