Experts-comptables : comment bien prompter ?
Publié le 2 juillet
Relu
par Nathan Colson
6 min. de lecture
Publié par Amandine Dujardin
Relu par Nathan Colson
6 min
Les expert·es-comptables utilisent de plus en plus l’intelligence artificielle générative, à commencer par ChatGPT, l’outil le plus populaire. Encore faut-il apprivoiser cette IA et communiquer avec elle avec efficacité. C'est dans cette optique que nous allons vous partager 10 règles d'or pour bien prompter. A vos marques, prêts, promptez !

Savoir prompter ne s’improvise pas
L’une des portes d’entrée des expert·es-comptables dans l’univers de l’IA générative est le « prompt ». De quoi s’agit-il ? D’une instruction (une requête) donnée à un modèle de langage. Autrement dit, c’est la manière de parler à la machine.
« Les prompts sont cruciaux pour les comptables, car ils améliorent l’efficacité, la prise de décision, la productivité et le service client »
On pourrait penser que prompter c’est simple, mais il n’en est rien ! Tout réside dans la bonne formulation de la requête.
Pour créer un prompt efficace, « il est important de comprendre le contexte, la cible et de préciser le rôle de l’utilisateur de ChatGPT (expert-comptable, collaborateur, client). Il faut également déterminer le format attendu pour la réponse (tweet, email, article, message sur LinkedIn) et la longueur de celle-ci. Pour que l’IA générative puisse fournir des réponses de qualité, il est essentiel de lui fournir des éléments précis et pertinents », explique Fabrice Heuvrard, expert-comptable et commissaire aux comptes.
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Il existe des listes de prompts, gratuits ou payants, prêts à l’emploi pour les experts-comptables.
Les 10 règles pour bien prompter en tant qu'expert-comptable
1. Y consacrer du temps
Nous vous conseillons d'abord de consacrer le temps nécessaire pour définir clairement l’objectif de la requête. Le simple fait de changer un mot ou d’ajouter une précision fera varier le résultat de façon significative.
2. Faire preuve de précision
Être précis et concis dans la formulation est essentiel. La règle, ici, est le « ni trop, ni trop peu ». Une simple phrase générale tout comme plusieurs longs paragraphes imprécis ne fourniront guère de résultats directement exploitables. Il n’y a pas de taille optimale pour une requête, cela dépend du sujet et du résultat que l’on souhaite obtenir.

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3. Éviter le jargon technique
Privilégiez un langage simple et compréhensif sans jargon technique. Dans l’univers de l’expertise comptable, ce principe est plus difficile à appliquer que dans d’autres secteurs. La finance est en effet truffée de sigles et de vocabulaire très normé, avec une signification précise. Même si l’IA apprend vite, il faudra l’aider un peu !
4. Donner un maximum d'éléments
Il est important de fournir le maximum d’éléments de contexte à l'intelligence artificielle. « La qualité des réponses de ChatGPT est proportionnelle à la qualité de la question posée et au contexte fourni. Plus l’utilisateur pose de questions, et les détaille (au-delà d’une simple poignée de lignes), plus les réponses sont ciblées et pertinentes », recommande Vincent Lacomme, expert-comptable.
5. Préciser le point de vue et/ou le style d’écriture
Le résultat ne sera pas le même si l’on se place du point de vue d’un expert-comptable, d’un commissaire aux comptes, d’un responsable financier ou d’un dirigeant d’entreprise.
6. Procéder par itérations
Si la première version de la réponse de l’IA générative n’est pas satisfaisante, ou incomplète, il est possible (et même recommandé) de reformuler la requête, en apportant des précisions. Une nouvelle version est générée. Et l’on peut recommencer autant de fois que nécessaire, la machine ne se plaindra pas !
7. Comparer les différentes propositions obtenues
Si plusieurs itérations s’avèrent nécessaires, il est pertinent de regarder comment la réponse de l’IA s’en est trouvée impactée et, souvent améliorée. Cela permet de comprendre son mode de raisonnement et les modifications qui ont le plus d’impact sur les résultats.
8. Définir clairement l’objectif de la requête
Il peut s’agir par exemple, d’une liste de recommandations pour orienter la stratégie d’un client du cabinet, d’un tableau de synthèse de l’exploitation, de la synthèse d’un texte règlementaire… L’IA générative ne peut le deviner a priori ; l’utilisateur doit toujours préciser ce qu’il attend.
9. Décrire la forme de présentation du résultat attendu
Veut-on produire un document de synthèse ? Une étude de marché ? Un e-mail ? Un compte-rendu de réunion ? Là encore, l’IA, qui a ses limites, ne peut deviner ce qui est espéré par l’utilisateur. Les prompts peuvent intégrer des demandes comme « cite-moi les points clés », « classe les éléments les plus importants de 1 à 5 », « résume les idées majeures en tableaux, ou en bullet-points », etc. Il est recommandé d’user d’un langage le plus naturel possible.

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10. Évaluer ou faire évaluer la réponse par un collègue
Si l’IA générative est utilisée pour des tâches basiques, le contrôle d’un tiers n’est pas nécessaire ; mais pour d’autres, il est pertinent de recueillir plusieurs avis, par exemple si l’IA produit des conseils stratégiques, des recommandations pour réduire les coûts, améliorer le BFR ou optimiser les capitaux propres. La responsabilité de l’expert-comptable reste intacte.
« L’IA ne doit pas remplacer les professionnels de l’expertise comptable, mais plutôt les assister dans leur travail quotidien. »
Un usage en cabinet à encadrer
Une fois que l’on est familiarisé avec les arcanes du prompt, la tentation est d’en vouloir toujours plus. Jusqu’à un certain point : selon l’enquête Ifop, 75% des utilisateurs des IA génératives ne pensent pas que ces outils puissent automatiser plus de 30% de leurs tâches professionnelles dont 46% qui pensent qu’elles ne pourraient pas automatiser plus de 10% de leurs tâches professionnelles.
Il faut surtout garder à l’esprit les limites du robot.
Il en va ainsi des « hallucinations », c’est-à-dire des réponses fausses ou fantaisistes, mais présentées comme vraies. Elles sont dues au mode de fonctionnement : l’IAG génère les textes de réponses à partir des mots les plus probables. Si « le plus probable » est faux, le résultat le sera aussi. Et lorsque l’IA, qui est obligée de répondre quelque chose à une requête et qu'elle ne sait pas… elle invente ! La vérification (collaborative si possible) s’impose en cas de doute.
Plus cruciale, la confidentialité des données transmises : « Les prompts doivent être anonymisés, et les utilisateurs doivent s’assurer qu’ils ne contiennent pas d’informations qui pourraient être considérées comme des données personnelles ou sensibles des clients du cabinet », rappelle Fabrice Heuvrard. Attention donc à ne pas nourrir l’IA avec des e-mails de client·es, des fichiers d’écritures comptables ou des DSN non anonymisées.
Créer des prompts en tant qu'expert-comptable : le récap'
Prompter, ça s’apprend ! La maîtrise de l’intelligence artificielle générative devient aujourd’hui un véritable enjeu pour les cabinets d’expertise comptable. Savoir formuler des demandes claires, précises et contextualisées permet d’obtenir des réponses plus fiables, plus pertinentes et réellement utiles au quotidien.
Pour autant, il faut faire attention à la véracité des informations obtenues et à la confidentialité des données de ses client·es. L'intelligence artificielle doit rester une aide, une assistance, et non pas remplacer des métiers aussi stratégiques et essentiels que celui d'expert-comptable.
Vous êtes curieux·se ? Alors, voici comment les entrepreneur·es peuvent utiliser ChatGPT.
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