Comment ouvrir son propre institut de beauté ?
Publié le 20 mars 2023
par Manon Ca
Mis à jour le 21 août
7 min. de lecture
Publié par Manon Ca
Relu par Victoria Grimaldi
Mis à jour le 21 août
7 min
Il n’y a rien de tel que d’ouvrir son institut de beauté pour atteindre un degré d’indépendance ultime. Mais il ne faut rien laisser au hasard ! Entre les conditions de formation, la délimitation de votre concept beauté et le choix de vos prestations, vous devrez déterminer votre projet avec minutie avant l’ouverture de votre institut de beauté. Dans ce guide, nous vous aidons à franchir chaque étape en douceur !💄

Étape n°1 : répondre aux conditions de formation
Le diplôme pour ouvrir un institut de beauté
Pour ouvrir un institut de beauté, vous devez être un·e esthéticien·ne qualifié·e, c’est-à-dire titulaire d’un diplôme en esthétique de niveau :
CAP Esthétique Cosmétique Parfumerie ;
brevet professionnel Esthétique Cosmétique Parfumerie ;
bac pro Esthétique Cosmétique Parfumerie ;
BTS Métiers de l'esthétique cosmétique parfumerie ;
ou brevet de maîtrise Esthéticien(ne) cosméticien(ne) délivré par CMA France.
Ouvrir un institut de beauté sans diplôme
Autre solution si vous n'avez pas de diplôme : justifier d’une expérience professionnelle de 3 ans en France, dans l'UE ou un pays de l'Espace économique européen (EEE).
⚠️
L’ouverture d’un institut de beauté ne s’improvise pas ! Nous vous conseillons vivement de travailler dans plusieurs instituts avant de gérer votre propre affaire.

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Étape n°2 : prévoir le budget pour ouvrir un institut de beauté
Le budget initial pour ouvrir un institut de beauté indépendant est généralement de 50 000 € à 75 000 € selon l'UNIB.
Voici un exemple de budget pour la création d'un petit institut de beauté dans une ville moyenne, avec 1-2 cabines de soin en solo et sans employé.
Budget pour un institut de beauté
Fourchette de prix | |
|---|---|
Local, aménagement et travaux | 5 000 € à 20 000 € |
Mobilier (tables de soin, étagères...), décoration et cabines | 3 000 € à 6 000 € |
Appareils esthétiques (IPL, etc.) | 3 000 € à 10 000 € |
Stock de consommables (coton, cire, produits de soin divers...) | 1 000 € à 5 000 € |
Frais de communication | 1 000 € à 5 000 € |
Frais administratifs (création d'entreprise, assurance, comptable, logiciels, etc.) | 1 000 € à 3 000 € |
Trésorerie de démarrage (3 à 6 mois) | 6 000 € à 15 000 € |
Deux points importants à noter :
Le budget consommables peut grimper selon que vous revendez ou non des produits de soin (masque, crème, etc.) dans votre institut. Cela reste une bonne idée pour diversifier votre activité !
Le budget pour votre local dépend de la ville mais aussi de la taille et de l'emplacement précis (centre-ville, ou non).
Étape n° 3 : connaître la réglementation propre à l'esthétique
Les règles particulières concernant certaines prestations d'esthétique
Conformément à la loi du 5 juillet 1996, un·e esthéticien·ne est un·e professionnel·le qui propose des soins esthétiques qui ne sont ni médicaux ni paramédicaux. Certaines prestations sont encadrées strictement par la loi :
Le maquillage permanent ou semi-permanent : Une telle prestation est encadrée par les activités de tatouage et de perçage. Le suivi d’une formation de 21 heures est obligatoire.
Les modelages : seuls les modelages esthétiques et de confort sont autorisés dans les instituts de beauté.
L'épilation : les esthéticien·ne·s peuvent pratiquer l’épilation à la cire mais aussi l'épilation à la lumière pulsée. Depuis le décret du 24 mai 2024, les esthéticiennes peuvent aussi proposer de l’épilation laser à leur clientèle. Avant cette date, la pratique était réservée aux médecins.
L'amincissement : les prestations visant à affiner la silhouette de vos client·es doivent se limiter à des actes externes, non invasifs et sans destruction de cellules.
Les solutions de bronzage : la mise à disposition d’une cabine avec émission d’ultraviolets doit répondre aux conditions du décret du 27 décembre 2013.
La manucure et pose de vernis à ongles : un service de pose de prothèse ongulaire ne demande pas de qualification particulière. Seule condition : vous ne pouvez pas proposer de manucure. Limage, coupe de cuticules ou soins des mains relèvent de l’esthétique et nécessitent un CAP Esthétique.
💅
Si la pose d'ongles vous tente, vous pouvez aussi ouvrir un bar à ongles !
Conformité des appareils
Depuis le 26 mai 2021, un règlement européen sur les dispositifs médicaux rend obligatoire la certification des appareils utilisés en centres esthétiques. Rendez-vous sur le portail Eudamed pour vérifier les informations communiquées par votre fournisseur.
Communication des prix
Depuis l’extérieur, les tarifs TTC de minimum 10 prestations doivent être affichés et visibles. À l’intérieur, toutes les prestations et leurs prix TTC doivent être communiqués. Pour une prestation supérieure à 25 €, une facture doit être remise aux client·es.
Normes d’hygiène et de sécurité
Pour connaître les mesures d’hygiène spécifiques à votre établissement, rendez-vous sur le site internet de la préfecture de votre département.
Étape n°4 : rédiger un business plan et faire une étude de marché
Avant de procéder à la création de votre entreprise, nous vous conseillons de réaliser une étude de marché.
Celle-ci est principalement géographique : vous devez vous assurer de vous implanter dans une zone où il n’existe pas de prestations de beauté comme celles que vous voulez proposer. Le lieu d’exercice doit toutefois être aussi attractif que possible !
Dans un second temps, vous pourrez établir un business plan.
Ses objectifs sont multiples :
structurer vos idées et déterminer la liste de vos prestations de beauté ainsi que vos prix ;
savoir si vous souhaitez vous associer ;
anticiper votre stratégie de marketing et de communication ;
faire des prévisions financières, notamment pour ce qui concerne le local commercial, le montant des travaux éventuels et les dépenses en équipement ;
réfléchir au statut juridique à adopter.

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Étape n°5 : choisir son statut juridique
En tant qu’esthéticien·e gérant·e, vous serez amené·e à choisir le statut juridique de votre entreprise.
La micro-entreprise : pour tester son activité
Pour commencer, vous pouvez bénéficier du régime de la micro-entreprise pour vous lancer dans votre projet de salon de beauté. La micro-entreprise est un régime simplifié sur le plan social et fiscal. Elle est limité par des plafonds de chiffre d'affaires (83 600 €).
L’inconvénient principal de cette forme juridique est tel que vous ne pourrez pas déduire vos charges professionnelles de votre résultat. Ce statut est, par exemple, idéal si vous souhaitez lancer votre institut de beauté itinérant (sans local physique).
L'entreprise individuelle : une solution simple en solo
Si vous souhaitez vous affranchir des plafonds de CA et pouvoir déduire toutes vos charges, l'entreprise individuelle (EI) est une bonne option.
C'est une forme juridique simple à gérer au quotidien. Vous serez soumis à l'impôt sur le revenu (IR).
La SASU ou l'EURL : pour sécuriser votre activité
Une autre solution peut consister en la création d’une EURL ou d’une SASU.
La SAS/SASU est une structure souple permet de se développer facilement. La protection sociale du dirigeant·e est meilleure mais les charges sociales élevées. Vous dépendez de l'impôt sur les sociétés (IS).
La SARL/EURL sont parfaites pour des petits projets. Les charges sociales sont moins élevées mais la protection sociale du dirigeant est plus limitée. Côté fiscalité, vous êtes soumis·e par défaut à l'impôt sur les sociétés en SARL et à l'impôt sur le revenu en EURL.
👥
Vous souhaitez vous associer avec au moins 1 autre personne ? La SARL ou la SAS sont à privilégier !
É tape n°6 : trouver un local commercial attractif
Le choix du local de votre institut de beauté est essentiel.
Vous devez faire l’arbitrage entre plusieurs critères :
un loyer qui correspond à votre budget ;
un commerce agréable que vous pouvez aménager version institut de beauté ;
un local qui répond aux normes de sécurité incendie et d’accessibilité ;
une implantation dans une zone suffisamment attractive.
Étape n°7 : faire connaître son salon de beauté
La 7e étape à réaliser est la promotion de votre activité.
Pour attirer vos clients et clientes, voici quelques stratégies possibles :
créer un site web et créer une fiche établissement Google ;
proposer un prix réduit aux premiers clients ;
mettre en place une carte de fidélité ;
faire appel à des influenceurs.
Étape n°8 : déclarer son institut de beauté
Pour déclarer la création de votre institut de beauté en bonne et due forme, il faut se tourner vers le guichet unique. Depuis la loi Pacte de 2019, les démarches administratives sont simplifiées. Qu'il s'agisse de créer, de modifier ou de cesser une entreprise, tout se passe sur le guichet unique de l'INPI.
Bon à savoir 💡
Le code APE de votre activité (soins de beauté) est le 96.02B.
Ouvrir un institut de beauté : le récap’
Avant d'arriver sur cette page, vous vous demandiez comment ouvrir son propre institut de beauté ? Eh bien maintenant, vous connaissez toutes les étapes pour y parvenir :
répondre aux conditions de formation ;
faire un budget ;
prendre connaissance de la réglementation ;
structurer votre projet avec un business plan ;
déterminer un statut juridique adapté ;
trouver un local commercial attractif ;
vous faire connaître ;
déclarer votre salon de beauté.
Vous souhaitez en savoir plus sur les investissements à prévoir ? Découvrez sans attendre le budget prévisionnel d’un institut de beauté.
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