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Le métier de Responsable de la transition écologique - Interview d’Antoine

Photo de Virgile prise dans les locaux de Shine par Cédric, une jolie matinée de septembre 2020. Plusieurs essais furent nécessaires.

par Virgile Kouvinga

3 mai 2022

8 min. de lect

Antoine a rejoint Shine il y a 3 ans en tant que responsable de la communication. Puis, il y a 6 mois, il est devenu notre tout premier responsable de la transition écologique. Dans cet entretien, il raconte sa transition vers ce nouveau poste ainsi que les réalités de son nouveau métier.

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Pourquoi cette transition au poste de responsable transition écologique ?

Dès mon arrivée, les sujets environnementaux étaient sur la table, mais de manière informelle. Nous avons souhaité creuser un peu plus certains aspects, notamment le bilan carbone. Je me suis donc proposé de travailler dessus parce que cela m’intéressait.

Alors petit à petit, j’ai commencé à travailler et passer du temps sur ces sujets qui n’étaient pas liés à la communication, mon poste à ce moment-là. Et il y a bientôt un an, avec Nicolas, nous nous sommes dit que ce serait bien de séparer les deux postes. Pour deux raisons. La première c’est qu’il y avait cette volonté d’investir un peu plus dans ces sujets environnementaux : il fallait donc une personne à temps plein.

La seconde c’est que souvent dans les entreprises, la “RSE” est liée à la communication (ou parfois aux Ressources Humaines ou encore à l’office management). Même avec de la bonne volonté et en étant de bonne foi, cela crée un risque qui peut facilement glisser vers du greenwashing, où la transition écologique devient un axe de communication avant d’être un vrai engagement.

C’est comme si la comptabilité était liée au marketing finalement, cela n’a aucun sens. Même si chez nous ce n’était pas du greenwashing, dans le sens où nous faisions vraiment ce que nous disions faire, cette configuration ne nous semblait pas idéale. Donc on a réfléchi à quoi pourrait ressembler cette position. J’ai écrit une fiche de poste, l’ai proposée à Nicolas et c’était parti.

Quels sont les grands objectifs du département transition écologique ?

Il y a deux axes principaux : le premier c’est la transition de Shine. Je le résume souvent en disant que mon but est de faire en sorte que Shine ne détruise pas la planète. Cela signifie mesurer notre empreinte carbone, travailler avec les différentes équipes pour la réduire, et enfin sensibiliser tout le monde en interne pour que cette problématique soit intégrée dans leur quotidien.

Par exemple, je travaille avec l’équipe RH, qui organise les séminaires, pour réduire l’empreinte carbone de ces derniers. Suite au premier bilan carbone, nous avons décidé que les séminaires seraient organisés dans un endroit accessible en train (pour ne pas prendre l’avion), et nous réduisons l’empreinte de notre alimentation en mangeant le moins de viande possible.

Presque tous les repas sont ainsi végétariens et la viande de boeuf est proscrite. L’équipe RH, qui organise ce type d’évènements, est sensibilisée à la question. Un autre exemple : quand l’équipe marketing réalise une campagne de publicité comme celle que nous avons menée cet hiver, elle intègre l’empreinte carbone dans les préparatifs : nous ne faisons pas de tournage à l’autre bout de la planète, même si cela augmente sensiblement le budget du tournage. Toutes ces petites actions sont possibles parce que tout le monde est sensibilisé chez Shine.

Le deuxième axe de mon travail est externe. C’est le fait de profiter de notre place dans l’écosystème, que ce soit en tant que startup au sein de la French Tech, en tant que compte pro auprès de nos clients, ou en tant que client de nos différents prestataires et fournisseurs, pour sensibiliser et accompagner le plus d’entreprises possible dans la même démarche.

C’est dans cette optique par exemple que nous avons lancé le Climate Act, un mouvement qui vise à engager un maximum d’entreprises pour mesurer et réduire leur empreinte carbone. Et en ce moment, par exemple je suis en train de travailler sur la façon dont nous allons pouvoir sensibiliser nos prestataires, les engager à réduire leur empreinte carbone.

Au quotidien, comment tout cela s’articule ?

Au quotidien, cela ressemble beaucoup à de la gestion de projets. J’en gère un certain nombre comme le Climate Act, le bilan carbone ou encore le 1% pour la planète. Donc mes journées ne se ressemblent pas, elles dépendent vraiment des projets du moment.

C’est donc très variable : il y a des jours où j’écris des articles, des jours où j’enregistre des podcasts, des jours où j’écris des communiqués de presse, et globalement je passe beaucoup de temps à rencontrer et échanger avec beaucoup de monde. Mais le plus chouette, c’est que je travaille avec toutes les équipes de Shine. Encore plus que quand j’étais à la communication.

Le réchauffement climatique est l’affaire de tous. Mais quel est le rôle des entreprises ?

Les derniers rapports du GIEC sont sans appel. Pour arrêter le changement climatique qui est déjà en route, il faut absolument que tout le monde agisse rapidement : les pouvoirs publics, les entreprises et les individus. D’un côté, les individus peuvent faire des efforts, par exemple en prenant moins l’avion, en utilisant moins la voiture, en utilisant moins de produits très consommateurs d’énergie et en mangeant moins de viande. D’un autre côté, les entreprises ont aussi un rôle très important à jouer : dans le choix des produits et services qu’elles vendent, mais aussi dans leur manière de fonctionner en interne.

Sur ce dernier point, elles peuvent agir sur de nombreux sujets. Par exemple, une très grosse partie des voyages en avion dans le monde sont des voyages professionnels. Si les entreprises faisaient un effort pour les limiter, cela réduirait drastiquement l’empreinte de l’aviation (et cela peut faire des économies substantielles pour les entreprises au passage).

Un autre exemple : le GIEC a montré que les entreprises peuvent agir sur la demande de transports en proposant plus de télétravail à leurs employé·e·s. On estime que 40% des emplois peuvent fonctionner en télétravail. Donc si ces 40% ne venaient que deux ou trois jours par semaine au lieu de cinq, cela diminuerait fortement l’utilisation de la voiture.

Mais pour que les entreprises puissent jouer pleinement leur rôle, il faut aussi que les pouvoirs publics mettent en place des solutions. Il faut des pistes cyclables, des trains sur des trajets historiquement effectués en avion, des transports en commun là où pour l’instant la voiture est obligatoire, des lois qui facilitent le télétravail etc. Mais aujourd’hui, les pouvoirs publics n’en font pas du tout assez. C’est simple : si les Etats tenaient leurs promesses, le réchauffement serait largement au dessus des 2°C. Je dis bien si et seulement s’ils tenaient leurs engagements... Alors que l’objectif est de 1,5° maximum. La marge est donc gigantesque pour faire mieux.

Au final, chacun doit agir : les individus, les entreprises et les pouvoirs publics. Les entreprises ont donc un rôle clé, et peuvent être moteur de cette transition écologique si elles font les efforts nécessaires.

De quoi es-tu le plus fier depuis que tu as pris ton nouveau poste ?

Je dirais qu’il y a trois choses. La première, c’est que je suis ravi d’avoir fait l’atelier fresque du climat pour tout le monde chez Shine. Cela représente plus de 160 personnes quand même ! Et régulièrement, on vient me voir en me disant “tiens j’ai pensé à toi parce que j’ai fait telle action que je ne faisais pas avant”. Cela veut dire que j’ai réussi à infuser un petit truc dans leur tête, c’est positif.

La deuxième chose dont je suis fier, c’est le bilan carbone de Shine. En particulier parce que je l’ai fait seul pour la première fois cette année (grâce à Sweep). En le faisant moi-même, j’ai une meilleure visibilité de l’empreinte de Shine, je comprends mieux comment cela fonctionne et comment agir. Et la troisième chose qui me rend heureux, c’est le Climate Act. L’engouement est aussi fou qu’inattendu : plus de 300 entreprises sont prêtes à faire leur bilan carbone, à le partager et à communiquer dessus. D’ailleurs, je viens de lancer un podcast sur le sujet, pour inspirer d’autres entreprises à nous rejoindre. Le sujet commence à émerger dans l’écosystème startup, alors qu’il n’existait pas vraiment il y a deux ans, c’est super.

Quelle est ta difficulté principale au quotidien ?

C’est le fait que le métier que je fais n’existe pas vraiment, du moins sur ce format. Donc je l’invente un petit peu en faisant. Comme je suis seul, je n’ai personne sur qui me reposer. Je n’ai pas de mentor à qui demander conseil. Cela demande un peu d’organisation. Et un surplus de motivation parfois. Mais c’est très bien parce que j’ai bon espoir qu’il y ait d’autres entreprises qui créent ces métiers aussi.

À l’heure actuelle côté entreprise, il y a deux cas de figures. Le premier ce sont des très grosses entreprises ou des entreprises très avancées sur ces sujets, qui ont un département RSE, et au sein de ce département RSE, il y a une ou plusieurs personnes en charge de l’environnement. L’autre cas de figure, c’est le cas de postes assez larges type “Chief Impact Officer” mais qui recouvrent beaucoup de réalités différentes. Parfois, c’est un mélange de social et d’environnemental, parfois c’est axé uniquement environnement mais c’est assez rare et cela peut aussi être lié à la mission de l’entreprise, selon son secteur.

Le cas de Shine, avec une entreprise dans les services et de taille moyenne (nous sommes 160), et qui investit déjà sur le sujet de la transition écologique est plus rare, j’ai l’impression. Quoiqu’il en soit, j’essaye d’échanger avec tous ceux et toutes celles qui travaillent sur ces sujets de près ou de loin, pour apprendre et progresser.

Quels sont les projets pour Shine et plus généralement, comment vois-tu le futur du secteur ?

Pour Shine, j’aimerais renforcer l’équipe, pour développer les différents projets.

Et de manière plus large pour le secteur, je pense que le métier va beaucoup évoluer. Il y a de plus en plus d’obligations et donc cela va devenir nécessaire pour les entreprises de mesurer leur empreinte carbone régulièrement et d’y faire attention. Cela risque de prendre du temps, mais cela devrait se développer.

Mon souhait serait que les départements RSE, Impact, ou peu importe le nom, soient de plus en plus nombreux, en étant de plus en plus indépendants des autres fonctions, et avec de plus en plus de poids.

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