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Mamanager : quelques leçons tirées de la parentalité pour manager son équipe

par Aurore Lanchart Gonzalez

6 juin 2019

5 min. de lect

Sommaire

Don’t you know that you’re toxic?

Pour apprendre, il faut se tromper

Le but du jeu : l’autonomie

Quand je suis tombée enceinte, il y a 9 ans, j’ai d’abord pensé que ma carrière en prendrait un coup. C’est le cas pour de si nombreuses femmes, pourquoi échapperais-je à la règle ? Cette première appréhension passée, j’ai pris du recul et discuté avec des amis plus âgés, et j’ai relativisé cette crainte.

Que nous soyons mère ou père, avoir un enfant, c’est une force et pas une faiblesse.

La grossesse m’a donné envie de faire plus de choses : à peine remise de l’accouchement, j’ai décidé de reprendre mes études en cours du soir. J’ai effectué un master en 2 ans, le lundi soir de 19 à 22h et le samedi toute la journée, puis j’ai décidé de changer de poste et d’industrie. J’avais de nouvelles priorités dans la vie, mais surtout encore plus d’ambition et la volonté d’accomplir plus de choses.

En avançant dans ma carrière, je me suis rendue compte peu à peu que le “poste” de maman que j’occupais à la maison m’aidait beaucoup dans mon poste de manager, avec mon équipe.

On a toujours envie que son enfant réussisse et on fait tout pour l’aider à être meilleur chaque jour. Cela n’est finalement pas très différent pour une équipe. On forme son enfant, on lui lit des histoires pour qu’il apprenne à étoffer son imaginaire, son vocabulaire. Une équipe se forme, il faut écouter ses besoins, l’interroger pour comprendre ce qu’elle attend, quelles nouvelles choses elle a envie d’apprendre.

Don’t you know that you’re toxic?

Hurler sur son enfant pour obtenir un résultat ? Pas très efficace.

Dire à un membre de son équipe : “tu seras renvoyé si tu n’obtiens pas de résultat” ? Pas très profitable non plus… ni très sain !

Ce genre de toxicité a existé et existe encore dans quelques entreprises. Il est compliqué d’obtenir le meilleur d’une personne dans un environnement toxique. Un enfant maltraité a souvent des problèmes d’apprentissage ; un employé maltraité a également des soucis pour obtenir de bonnes performances.

La réussite s’accompagne. Le rôle d’un manager est d’amener son équipe à donner le meilleur d’elle-même, mais pour cela il faut réunir certaines conditions, parmi lesquelles créer un environnement sain.

Voici deux valeurs qui permettent selon moi de créer un environnement plus sain :

  • La transparence : comme on ne ment pas à son enfant, on ne ment pas à sa team. Vous savez que votre équipe va affronter une énorme charge de travail ? Ne dites pas que tout va bien. Expliquez que la charge de travail va être immense, mais que vous pouvez y arriver ensemble et recrutez d’autres personnes si nécessaire ;

  • L’honnêteté : il ne faut pas avoir peur de dire ce qui ne va pas, mais attention il y a une forme à respecter : un feedback ne se donne pas de n’importe quelle manière. En effet, pour qu’un feedback soit complet, il doit présenter ce que la personne fait de bien (s’il y a quelque chose de bien évidemment) et ce qu’elle fait de moins bien. Le feedback doit bien entendu être actionnable. Si par exemple votre collaborateur écrit des mails confus, avec de nombreuses fautes d’orthographe, expliquez-lui que le fond de l’e-mail est intéressant (s’il l’est vraiment) mais qu’il faut travailler sur la forme. L’idée étant de ne pas produire de la quantité mais de la qualité. Vous pouvez lui fixer une règle comme se relire trois fois avant d’envoyer un email par exemple.

Par ailleurs un environnement sain, c’est un environnement où :

  • l’on n’a pas peur de s’exprimer,

  • l’on peut essayer et se tromper.

Pour apprendre, il faut se tromper

Comme vous n’allez sûrement pas punir votre enfant parce qu’il a eu une mauvaise note à l’école, vous n’allez pas renvoyer un membre de votre équipe parce qu’il n’a pas atteint un objectif.

Ne pas atteindre un objectif aide à se remettre en question. L’objectif était peut-être trop ambitieux et dans ce cas il faut ériger une étape intermédiaire avant de l’atteindre. L’objectif était peut-être trop flou, ou la personne n’avait pas le bagage suffisant pour l’atteindre. Dans tous les cas, il ne faut pas voir ce type d’événement comme un échec, mais comme une occasion de progresser, de s’améliorer, de comprendre ce qui a coincé pour que le succès soit au rendez-vous la fois suivante.

Le but du jeu : l’autonomie

Si vos enfants doivent apprendre à être indépendants, c’est le cas également pour votre équipe.

L’idée est de leur donner le plus de pouvoir possible : il faut que votre équipe ait assez d’autonomie pour que le service soit assuré sans interruption en votre absence. Si vous partez en vacances et que votre équipe est incapable d’agir, c’est qu’il y a un souci ; tout ne doit pas dépendre de vous. Votre rôle est justement de donner les clés à votre équipe pour qu’elle puisse avancer sans vous.

L’idée est simple :

  • déléguez un grand nombre de choses que vous savez faire

  • concentrez sur la vision pour conduire votre équipe encore plus loin.

En tant que manager vous devez avoir une vue d’ensemble, donc laissez les enjeux opérationnels à votre équipe car elle les comprendra plus finement que vous. Inculquez-leur les valeurs de l’entreprise et aidez-les à prendre des décisions. En revanche, demandez des reportings réguliers (hebdomadaires par exemple).

Votre rôle est d’enlever les embûches du chemin de votre équipe pour qu’elle avance plus vite et d’impulser la bonne énergie et la bonne direction. Pour le reste, votre équipe s’en charge alors faites-leur confiance !

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